PUBLICATION INDUSTRIELLE.
140
A l’exception de quelques machines construites en Angleterre et y fonction-nant encore, ces appareils ont été généralement abandonnés depuis la belledécouverte de MM. Cowper et Applegath, brevetée en France , en 1818.Toutefois , nous avons pensé que pour bien fixer les idées sur cette inven-tion, il serait utile d’en représenter le tracé ; nous l’avons indiqué (ig. 8,pl. 12.
On reconnaît que l’appareil se compose d’un prisme à types de quatrecôtés F (il pourrait l’être d’un nombre quelconque); au-dessous de ceprisme en est un autre B, dont les angles arrondis b, forment des portionsde cylindres dont le développement est égal aux formes (1). Ce second cy-lindre remplace la platine (2) et est animé du même mouvement que leprisme F, ce qui lui permet de commander une chaîne c, qui amène lesfeuilles entre les deux prismes, comme dans un laminoir. A la partie su-périeure de l’appareil est placé l’e«m'er; il est formé d’une boîte d , qu’onrapproche ou qu’on éloigne à volonté du premier rouleau, ou rouleau d’en-crier, au moyen de vis à main. Ce cylindre, qui est animé d’un mouvementde rotation, transmet l’encre aux types par l’intermédiaire de deux autresrouleaux, qui broient et qui étendent suffisamment, par couches régu-lières , cette substance sur les caractères.
Déjà, comme nous l’avons vu, on employait, à cette époque et sur cettemachine, des rouleaux de gélatine ; voici, d’après M. Burks lui-même , lacomposition servant à former la surface de ces derniers :
Elle est composée d’une quantité de colle forte à laquelle on mêle unequantité de mélasse à peu près double en poids ; on fait bouillir cette mix-tion que l’on essaie par petites portions jusqu’à ce que l’on ait obtenu ledegré d’élasticité convenable : lorsqu’on est parvenu à ce point, la compo-sition est versée, pendant qu’elle est chaude, dans un moule, où le cylindresur lequel on doit l’appliquer a été placé. Ce moule doit être un tube cylin-drique en métal, bien graissé intérieurement avec de l’huile, pour que lacomposition, étant refroidie, puisse se séparer du moule et en sortir avecle cylindre, auquel elle reste attachée de manière à ne former, avec cenoyau, qu’un seul et même cylindre, dont la surface est élastique.
C’est seulement le 24 juin 1818 que M. Applegath , associé de Cowper,prit en France son brevet d’importation de dix années pour sa nouvelle ma-chine perfectionnée propre à imprimer le papier des deux côtés à la fois. Cettepresse, admirablement combinée, a donné des résultats au-dessus de toutesles espérances et a été employée dans tous les pays. A l’expiration de cebrevet, les constructeurs français s’occupèrent d’affranchir leur pays del’espèce de tribut qu’il payait à l’Angleterre en faisant construire chez elletoutes leurs machines à imprimer, et l’on doit les plus grands éloges àM. Thonnelier pour les heureuses modifications qu’il a su apporter dans
(J) On appelle forme la quantité de composition ou de pages, suivant le format , que renferme unchâssis avec toute sa garniture.
(2) Pièce de fer fondu, bien unie, qui opère, par le foulage, l’impression de la forme sur le papier.