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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
elle n’exige pour son mouvement de rotation qu’une petite bielle horizon-tale D, attachée à la partie inférieure coudée de cet arbre, et à la pédale P,qu’une ouvrière manœuvre au pied.
Le changement de place du galet a sur la came motrice A, changementqui opère la marche progressive du distributeur du fil, s’effectue aussi d’unemanière fort simple. En effet, on a pu déjà remarquer que le point d’appuide l’équerre c, qui porte le galet, est à l’extrémité de la règle horizontale E,qui est susceptible de s’avancer d’une très-petite quantité à chaque révo-lution, parce qu’à son autre extrémité elle porte une espèce de crochet oucoussinet d. Ce crochet embrasse, comme une fourchette d’embrayage, lagorge de l’écrou mobile e (fig. 7 et 9), qui engrène avec la vis de rappel /.Or, chaque fois que cet écrou fait un tour sur lui-même, comme cettevis est fixe, attachée d’un bout et soutenue de l’autre, on conçoit qu’il estforcé de marcher d’une quantité égale au pas de cette vis ,• par conséquententraînant avec elle le crochet d , qui s’y trouve embrayé, il oblige néces-sairement la règle E, et par suite l’équerre porte-galet c, à marcher de lamême quantité.
Au commencement de l’opération, le galet a se trouve, comme nous l’a-vons dit, près du centre de la came, l’écrou mobile e est alors tout à faitrapproché vers la gauche. Dans cette position la cannette n’est pas encoreformée, le fil commence seulement à s’enrouler sur le fuseau conique oula bobine en bois F, ajustée sur le bout de la broche en fer terminée enpointe, en formant vers la base opposée une gorge qui en augmente sen-siblement le diamètre en cet endroit. Or, c’est sur cette partie que l’onéprouve le plus de difficulté à enrouler le fil avec régularité ; dans tous lesautres métiers construits jusqu’ici, on peut remarquer qu’il y a un désordrecomplet, et que lorsque la cannette se dévide, le fil casse presque toujoursavant d’arriver à la fin, parce qu’il ne se déroule pas facilement.
Pour forcer le fil à s’appuyer successivement sur lui-même à mesure qu’ils’enroule sur sa bobine, on a imaginé un galet de friction g qui reste tou-jours en contact avec la cannette. Ce galet est appliqué depuis plusieurs an-nées par divers constructeurs, et particulièrement par MM. Tranchât, Pia-voux et Duchamp, avec des modifications que nous croyons devoir signaler.Dans le métier rectiligne de M. Duchamp, ce galet ou roue de friction esttraversé par une vis de rappel qui l’entraîne dans la rotation de la cannette ;cette vis, tournant aussi avec le galet et engrenant avec un écrou qui estfixe, est forcée évidemment de s’avancer à mesure que la cannette s’em-plit. Dans le métier de M. Piavoux, la vis qui traverse le galet et que l’au-teur appelle une crémaillère ( parce qu’elle n’est taraudée que sur une partiede sa circonférence), est fixée d’une manière invariable au-dessous et pa-rallèlement à la broche ; elle ne tourne pas, le galet fait écrou avec cette vis,et marche en même temps qu’il tourne sur lui-même. Du côté de la gorgede l’écrou mobile e sur lequel ce galet de friction est ajusté (fig. 9), est unepartie conique qui, lorsque la cannette est au commencement de l’opéra-