182
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
quente est encore plus importante que pour tout autre, parce que la santé desdétenus peut être compromise par une ventilation insuffisante.
« La température peut être constatée par l’inspection de thermomètres ; mais laventilation est beaucoup plus difficile à apprécier. La ventilation ne peut être mesu-rée dans les tuyaux d’entrée de l’air extérieur, parce qu’il pourrait en résulter unetrop grande erreur due à l’introduction de l’air par les portes et les fenêtres, surtoutpour l’été. Des mesures anémométriques faites dans les cellules ne conduiraient àrien, parce que l’instrument serait placé dans des conditions où ses indicationsseraient inexactes ; d’ailleurs, il y a 1,200 cellules. Les expériences ne peuvent doncêtre faites que dans les cheminées d’écoulement de l’air chaud ; mais, dans le projetde M. Duvoir, il y a dix-huit cheminées, leur nombre exclurait déjà la possibilitéd’une vérification journalière ; la difficulté devient bien plus grande encore quandon considère que, sur ces dix-huit cheminées, il y en a douze dans lesquelles lesobservations ne peuvent être faites qu’aux sommets, parce que les parties supé-rieures des poêles n’en sont qu’à une petite distance. Il est même peu probablequ’avant de s’échapper dans l’atmosphère, les veines d’air chaud soient assez bienmêlées pour que la vitesse soit uniforme dans toute la section, et qu’on ne soit pasobligé de faire un grand nombre d’expériences pour avoir la vitesse moyenne.D’ailleurs ces expériences exigeraient des échafaudages, un temps très-long etbeaucoup de soins, et si elles étaient faites une fois, elles ne seraient certainementpas répétées ; ainsi, on peut dire que, par l’adoption du projet de M. Duvoir, l’ad-ministration se trouverait complètement à la discrétion de l’entreprenenr, sous lerapport de la ventilation.
« En résumé, les défauts que nous trouvons dans le projet de M. Duvoir con-sistent principalement dans le mode de chauffage des cellules, qui remet l’air viciéen circulation; dans le mode de ventilation, qui ne permet ni de produire un appelconstant, ni de mesurer la ventilation; et, comme ces défauts sont inhérents auxdispositions adoptées pour le chauffage et la ventilation, ils ne pourraient êtreévités que par un changement total dans le système proposé.
Observations sur le projet de M. Grouvelle.
« L’ensemble du projet présente beaucoup de simplicité et d’uniformité. Le mêmemode de chauffage et de ventilation est employé pour toutes les cellules. Celles-cisont chauffées directement par de l’air chaud qui a circulé autour de tuyaux à eauchaude placés au pied même des cellules. Le volume d’eau que renferment lestuyaux de conduite prolonge suffisamment le chauffage pendant la nuit. L’air viciédes cellules passe immédiatement et en totalité dans les cheminées d’appel. Lescouloirs sont chauffés seulement à une température suffisante.
« Les foyers de chauffage sont distincts du foyer d’appel, circonstance qui per-met de régler séparément le chauffage et la ventilation. Une seule cheminée produitl’appel, ce qui permet de mesurer facilement la ventilation.
« Enfin le système proposé a l’avantage de rendre le chauffage de chaque étageindépendant. Le mode de transmission de la chaleur a, sur le chauffage direct del’eau, l’avantage de s’effectuer par des tuyaux d’un plus petit diamètre et d’une pluspetite longueur, et de réduire la pression dans chaque circuit à celle qui résulte dupoids de l’eau qui y est contenue.
< Cependant le projet de M. Grouvelle a plusieurs défauts que nous devonssignaler.