PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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dont il s’agit, répondre de rien relativement à la ventilation. D’ailleurs, dans ceprojet, comme dans tous les autres, on retrouve ce défaut capital de la ventilationpar l’air vicié.
« Nous ferons , à cette occasion, une remarque que nous n’avons pas consignéedans notre rapport. D’après le dessin très-détaillé et à une grande échelle d'un desfourneaux, la fumée se dégage par deux tuyaux de tôle ayant chacun 0“,20 de dia-mètre, dont la somme des sections est de 0 m ,0628.
« Or, chaque cendrier, dans le système de M. Duvoir, devrait produire la moitiéde la ventilation d’un bâtiment, c’est-à-dire appeler 10,850 mètres cubes d’air parheure ou 3 mètres cubes par seconde : la vitesse dans les tuyaux devrait donc êtrede 47 mètres, et de 25 mètres dans le canal central de la chaudière.
F « Ce fait, joint à tous ceux que nous avons signalés, fait voir de quelle manièreles projets de M. Duvoir ont été étudiés.
« Quant au projet de M. Grouvelle , s’il était exécuté tel qu’il a été proposé, etsans aucune modification, on obtiendrait à la fois une grande régularité dans lechauffage et dans la ventilation; seulement, pour les jours les plus froids de l’année,la température intérieure n’atteindrait pas 15°.
« Nous pensons que nos réponses aux observations qui ont été faites sur plu-sieurs points de notre rapport viennent à l’appui des conclusions qui le terminent;mais nous croyons devoir énoncer notre opinion d’une manière plus nette et pluscomplète.
« Un appareil de chauffage et de ventilation destiné à une prison cellulaire doitsatisfaire à deux conditions :
« 1° La ventilation de chaque cellule doit avoir lieu avec de l’air pur ;
« 2“ Les appareils doivent être disposés de manière qu’une ventilation régulièresoit possible, que la ventilation puisse facilement être réglée par le chauffeur, etcontrôlée par l’administration.
« Or, dans tous les projets de M. Duvoir, les cellules sont ventilées par de l’airvicié ; le chauffage et la ventilation ont lieu par les mêmes foyers, circonstance quine permet pas de produire une ventilation régulière ; l’air vicié s’échappe par dix-huit cheminées, ce qui rend impossible la vérification journalière de la ventilation;enfin ces défauts ne pourraient disparaître que par un changement complet dansles modes de chauffage et de ventilation. Ainsi, sous tous les rapports, les projetsde M. Duvoir nous paraissent inadmissibles.
« M. Duvoir est cependant un constructeur intelligent qui a établi plusieursgrands chauffages à eau chaude qui ont réussi ; mais il n’a encore établi aucunchauffage avec ventilation régulière dont les effets soient bien constatés.
« Il est d’ailleurs, à cet égard, dans une très-mauvaise voie; car il emploie tou-jours les foyers de chauffage comme foyers d’appel, et il attache une grande impor-tance à cette disposition, pour laquelle il a pris un brevet d’invention de quinzeans; or, comme nous l’avons déjà dit, ce mode d’appel ne peut pas produire de ven-tilation régulière.
“ Quant au projet de M. Grouvelle, nous persistons dans l’opinion émise dansnotre rapport, qu’avec les changements indiqués, changements qui n’altèrent enrien le système général, ce projet peut remplir toutes les conditions exigées; maisnous proposerons deux nouvelles modifications à celles que nous avons indiquées :