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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
fait une série d’expériences, en ajoutant successivement à l’eau distillée(et avec les conditions requises de la température) un centième d’alcoolabsolu, et a marqué sur un thermomètre très-sensible le point d’ébullition.On a ensuite ajouté deux centièmes d’alcool absolu à l’eau distillée , et suc-cessivement augmenté la richesse de l’eau d’un centième, et chaque foison a marqué sur le thermomètre le point d’arrêt de la colonne de mercure.L’auteur a remarqué avec étonnement que toutes les parties qui représen-tent un degré alcoolique ne sont point égales, mais qu’à partir de zéro oude l’eau distillée, les degrés sont très-grands ; qu’ils sont en progressiondécroissante jusqu’à 55 degrés, et qu’alors la progression de ces degrésdevient croissante jusqu’au maximum de richesse.
De ces observations, l’auteur a été amené à faire usage d’un thermo-mètre pour mesurer la force des liquides spiritueux; mais comme cette idéen’avait pas été reconnue d’un favorable emploi pour la pratique par Gro-ning, (qui a fait la plus longue série de degrés d’ébullition), M. Vidai aadopté la forme d’un thermomètre à cadran qui permet :
1° De donner à chaque degré un espace beaucoup plus grand;
2° D’éviter l’inconvénient de voir le mercure, renfermé dans des tubescapillaires, présenter des défauts de continuité;
3° D’éviter les ondulations qui s’établissent au haut de la colonne de mer-cure au moment de l’ébullition, dans ces mêmes tubes capillaires, parlagrosseur de la colonne et par la fixité de l’aiguille sur le cadran.
L’alcoomètre Vidal est représenté sur la pl. 19, en élévation, fig. 12, eten coupe verticale fig. 13. Il se compose du tube en verre A à deux dia-mètres différents réunis par une soufflure; l’intérieur de ce tube, bienpurifié et bien purgé d’air, est rempli de mercure jusqu’à la naissance durenflement a, de telle sorte que, lorsqu’il est plongé dans l’eau distillée,et que l’eau est à 77 degrés centigrades (point d’ébullition de l’alcool pur),le mercure arrive au-dessus du renflement à la ligne n.
Ce tube de mercure est renfermé dans un vase cylindrique B, dont lefond b , formant réservoir, est surmonté d’une partie cylindrique B', façonnécomme un bain-marie et destiné à recevoir les gouttes de liquide que l’ébul-lition peut faire sortir de la bouilloire B, ce qui occasionnerait des acci-dents fâcheux. C’est cette partie cylindrique qui s’encastre dans l’espèce deboîte C, renfermant la lampe à esprit de vin D, et formant la base de toutl’appareil.
Lorsqu’on veut éprouver un liquide on l’introduit dans la capacité B, quiest l’ébullioseope proprement dit, et on place dessous la lampe D, aveclaquelle on modère le feu à volonté, en faisant monter ou descendre lamèche. Aussitôt que l’ébullition se manifeste elle réagit sur le tube de mer-cure , l’échauffe, dilate ce dernier, et fait monter le flotteur/, qu’il con-tient, et qui passant sur une petite poulie p est relié avec un contrepoids/dont le fil passe également sur une deuxième poulie p', montée sur un axe a,