A BATIS OU BEFFROIS INDÉPENDANTS,
MARCHANT PAR COURROIES,
Par mm CHRISTIAN et GOSSET (1),
CONSTRUCTEURS DE MACHINES , A PARIS .
(PLANCHE 20).
Nous avons donné avec quelques détails dans notre premier volume, lesbons moulins à blé marchant par engrenages, et au commencement dutroisième volume, les détails des moulins marchant par courroies ; nousavons fait connaître, à ce sujet, les dispositions qui avaient été adoptéesjusqu’alors : nous avons dit que dans les moulins dits à l’anglaise, lorsqu’ilsse composent de plusieurs paires de meules, on a cherché à réunir sur unmême beffroi, soit circulaire, soit rectiligne ou polygonal, tout le méca-nisme qui doit porter ces meules, en le reliant aux poutres ou aux char-pentes du bâtiment, de sorte que tout le système est, pour ainsi dire,solidaire, inséparable.
Dans la disposition nouvelle, mise à exécution par MM. Christian etGosset, chaque paire de meules est portée par une seule et large colonnecreuse et évidée, formant tout leur bâtis ou leur beffroi, de sorte qu’ellessont toutes indépendantes les unes des autres ; elles peuvent être placéesoù on le désire, on peut les transporter, les changer de place à volonté, etles monter partout. Cette disposition de bâtis isolés ou de beffrois détachés,est d’autant plus avantageuse qu’elle permet de s’appliquer dans toutes leslocalités, c’est-à-dire qu’elle n’exige pas, comme les beffrois ordinaires,un local spécial pour les recevoir ; elle est aussi moins dispendieuse etbeaucoup plus facile à monter et à démonter. Elle offre de plus cet avan-tage qu’une fois le mécanisme en place, les meules mises exactement deniveau, on est certain qu’il n’y aura pas de dérangement, que s’il y a, pardéfaut de construction du massif, ou de solidité du sol, un tassement quel-
(i) Ces constructeurs ont pris l’établissement de M. Cartier qui, comme on le sait, s’élail acquisune juste réputation dans la construction des moulins ; ils continuent cette même branche avecsuccès.