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PUBLICATION INDUSTRIELLE,
PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS DANS LA CONSTRUCTION DES ÉTAUX,
PAR M. LEFOL (CASIMIR).
Dans la confection des étaux d’ajustage ou de forge, établis jusqu’à présent, ona pu remarquer que la mâchoire mobile , qui est à la disposition de l’ouvrier nes’éloigne ou ne se rapproche de la mâchoire fixe qu’en décrivant des arcs de cercle,autour de sa partie inférieure qui forme charnière. Tous ceux qui sont susceptiblesd’employer de ces instruments ont pu facilement reconnaître les inconvénientsqu’une telle disposition présente en pratique, parce que la pièce que l’on veut serrerentre les deux mâchoires n’est souvent tenue que par une seule arête de chaquecôté, au lieu d’être pincée par une surface, parce qu’aiors, pour pouvoir la mainte-nir d’une manière assez solide, il faut serrer la vis avec une force extrême, il en ré-sulte que très-souvent on détériore l’instrument et qu’on maltraite ou qu’on fatiguela pièce à travailler.
Ainsi au lieu d’assembler les deux mâchoires par une charnière, à leur partie in-férieure, comme on l’a fait jusqu’ici, et de placer un ressort entre elles, pour tendreà les écarter, M. Lefol, dispose, au contraire, une seconde vis de rappel qu’il meten rapport avec celle supérieure, soit au moyen d’une petite chaîne sans fin, soit aumoyen d’engrenages ou de toute autre mécanisme remplissant le même objet. Lesécrous de ces deux vis sont ajustés et lixés dans le corps principal de l’étau, c’est-à-dire de la machine fixe , et leurs têtes sont portées par la mâchoire mobile, il enrésulte qu’en tournant la manivelle montée, comme à l’ordinaire, sur la tête de lavis supérieure, pour faire marcher celle-ci, on fait marcher en même temps la visinférieure, et par suite on rapproche ou on écarte toute la mâchoire mobile, de lamême quantité par le bas que par le haut, par conséquent elle reste toujours pa-rallèle à la mâchoire fixe et à la même hauteur.
M. Lefol a de plus l’avantage, par son système, de supprimer le fort ressort qu’ilfallait placer entre les deux mâchoires pour tendre à les écarter, et la boîte à écroude la vis de rappel, qui est une pièce difficile et dispendieuse. Par cela même queles mâchoires restent toujours bien dans le même plan horizontal et parallèles, lespièces que l’on veut serrer entre elles, sont beaucoup mieux maintenues, sans cepen-dant qu’on soit dans l’obligation de presser aussi fortement; il en résulte qu’onpeut sans inconvénient diminuer les dimensions des pièces, et produire lesmêmes efforts qu’avec des étaux de l’ancien système qui seraient sensiblement pluslourds, plus chargés de matière.
Au lieu d’une boîte qui cache entièrement la vis, il ne met qu’une espèce de cou-vercle en tôle ou en fer mince, qui sert en même temps de guide, tout en suffisantpour recouvrir lavis.
La partie inférieure de la mâchoire mobile repose sur un siège fixe qui soutientcelle-ci, et permet de recevoir le contre-coup, quand on frappe sur la pièce qui estengagée dans l’étau ; de cette sorte on ne fatigue aucune partie de ce dernier, et onpeut cependant frapper assez fortement. Ce support est boulonné contre la partieinférieure de la mâchoire fixe, il sert aussi de guide à la mâchoire mobile, tout enla soutenant. Il est surtout utile pour les étaux de forge, où l’on est susceptible defrapper à grands coups et avec des masses. Il n’est pas indispensable dans les petitsétaux, qui ne servent qu’à pincer des pièces légères et que l’on ne doit pas frapper;dans tous les cas on proportionne ses dimensions, à la force, à la puissance de l’étau.