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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
boulange dans les meules, mais ni même à leur sortie ; il l’amène jusquedans les chambres à râteau en chauffant en hiver les divers conduits parlesquels elle doit passer.
M. Cabanes, qui savait aussi qu’il était utile que la mouture se fît enconservant toujours une certaine température, n’a pas eu pour but, enimaginant son système, de refroidir les meules, mais bien d’augmenterleur travail ; il s’est surtout préoccupé de leur faire produire beaucoup plusdans le même temps, proportion gardée pour leurs dimensions et leur vitesse,sans toutefois faire accroître leur degré de température ordinaire.
En octobre 1845, un riche meunier de Gray, M. Tramois, fit prendre unbrevet d'invention de quinze ans pour un système de meules à comprimeursd’air disposées de la manière suivante :
Au centre et au-dessus de la meule courante, dont l’œillard est ouvert àun grand diamètre, il place des espèces d’ailettes à surface gauche, destinéesà aspirer l’air extérieur et à l’envoyer entre les meules en passant surd’autres ailes également inclinées, et qui arrivent jusque vers les surfacesintérieures de celles-ci. Cette disposition paraît présenter de l’analogie avecquelques-unes de celles que nous avons mentionnées plus haut. Dans un bre-vet d’addition que l’auteur demanda en décembre dernier, il propose d’évi-der, en outre, l’intérieur des meules beaucoup plus qu’on ne l’a fait jus-qu’ici; il a trouvé qu’il suflitd’une surface travaillante ayant 20à24centim.de largeur à partir de la circonférence (1) pour opérer le broiement completdu blé, et par suite obtenir une mouture convenable. M. Tramois dit à cesujet qu’il augmente par ce système considérablement le travail des meulessans produire autant d’évaporation que dans les moulins ordinaires.
C’est vers la même époque (le 8 décembre 1845) que M. Holcroft se litbreveter de nouveau pour une disposition particulière d’appareil destiné àaspirer l’air extérieur, eu le forçant de passer par les surfaces travaillantesdes meules. A cet effet, l’auteur place sous la meule inférieure un grandventilateur aspirant à palettes courbes communiquant avec l’intérieur del’archure, et par suite avec l’intérieur des meules; de telle sorte que, danssa rotation rapide, ce ventilateur aspire l’air qui arrive du dehors parl’ouverture centrale de l’archure et par l’œillard, non sans avoir traversétoute la surface en contact des meules, et par conséquent en entraînantavec lui toute la mouture produite. Cet air, ainsi fortement aspiré, a pourobjet de précipiter les grains plus rapidement entre les meules , et de déter-miner un broiement plus rapide.
Peu de jours auparavant, M. Demeuse, de Lille , représentant deMM. Gendebien et Houyet de Bruxelles , demanda aussi un brevet dequinze ans pour un aérateur, ou moyen de faire concourir la pressionatmosphérique et le vide à la mouture des céréales. Cet appareil consisteégalement à aspirer l’air extérieur en le forçant de passer avec le blé par
(1) On se rappelle les meules annulaires de M. Gosme , que nous avons publiées dans le tome iv® ;et dont le brevet, pris par l’inventeur en 1840, est aujourd’hui dans le domaine public.