PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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l’intérieur des meules, et à sortir avec la mouture à la circonférence decelles-ci, soit au moyen de pompes à clapets, soit au moyen d’un simpleou d’un double ventilateur. Suivant les auteurs, ce mode d’aspiration del’air remplit le même but que celui de refoulement, et permet, par suite,de faire produire aussi, considérablement plus de travail aux meules.
Nous pourrions encore, en terminant cette notice , mentionner quelquesautres inventions plus ou moins idéales, comme celle, par exemple , detenir les meules constamment fraîches par un courant d’eau continu (1 ), maisnous attendrons que les idées soient plus mûries et présentent quelquechance d’exécution pour en parler avec un peu plus de détails.
En Angleterre, on se préoccupe aussi des perfectionnements à apporterdans le travail de la mouture ; il y a peu de temps, nous avons vu en con-struction, chez MM. Warral, Middleton et Elwell, un ventilateur destinépar l’importateur anglais à chasser de l’air dans les meules, et on nous ditque cet appareil a été depuis envoyé dans les moulins d’Eu qui appartiennentau roi des Français , et sont dirigés par M. Packam.
D’après ce qui précède, on voit combien on s’occupe de chercher desaméliorations dans les moulins à blé, soit pour éviter l’évaporation, soitpour augmenter le produit des meules. Nous croyons que M. Cabanes s’estjusqu’ici le plus rapproché du but, et est arrivé aux plus beaux résultats ;c’est donc sur son système que nous aurons à nous arrêter plus longue-ment pour le faire bien connaître.
DESCRIPTION DE L’ACCÉLÉRATEUR CABANES.
BEPKÉSENTF. FIG. 2 , PI.. 20.
Comme cet appareil s’adapte à tous les moulins, et comme il est d’ailleursd’une disposition extrêmement simple, nous avons pensé que nous pou-vions l’appliquer directement sur l’une des paires de meules du moulin quenous venons de décrire; nous le faisons donc voir en coupe verticale fig. 2.On reconnaît, par cette figure , que l’appareil consiste principalement dansun ventilateur V , dont l’axe est ici placé verticalement, et dont les ailessont droites , dirigées suivant les rayons, ou faisant un certain angle avecceux-ci. L’air qu’elles aspirent, dans leur rotation rapide par les centresdes bases inférieure et supérieure, est conduit par le tuyau T'jusque dansle tube-enveloppe t qui, comme le montre le dessin, entoure exactementle conduit de l’engreneur, et descend jusque sur la soucoupe ou baille-bléqui recouvre le manchon de nille. Il en résulte que cet air refoulé par lesailes du ventilateur se projette directement sur le blé qui tombe sans cessesur la soucoupe, et comme l’œillard de la meule courante est hermétiquement
(4) On comprend sans doute que dans de telles inventions, la difficulté, et par conséquent le mé-rite, ne sont pas dans l’idée proprement dite, mais bien dans la mise à exécution, dans la réalisa-tion pratique de l’idée. Certainement quand on se propose de rafraîchir les meules, bien des per-sonnes peuvent avoir instantanément la même idée de les envelopper d’eau, mais il y en aurai! fortpeu qui trouveraient le moyen de résoudre le problème.