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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
une économie considérable dans les frais d’établissement, et de plus, onpourra moudre avec la même force motrice un quart en plus de blé. Detels avantages devront être certainement pris en considération, et avantpeu, on verra bien des applications dans un grand nombre de localités.
M. Cabanes, voulant sans doute prouver qu’il pouvait, par son système,augmenter encore le travail obtenu par la commission, fit, le seizièmejour, continuer l’expérience pour sa satisfaction personnelle, en ne faisantmarcher que trois paires de meules ; voici les résultats qu’il obtint :
En 23 heures, il a été écrasé 234 quintaux métriques de blé, et con-sommé 31 hectolitres de charbon. Ainsi avec trois paires de meules muniesdes ventilateurs Cabanes, on a fait à peu près autant d’ouvrage qu’avec lesquatre paires, c’est-à-dire qu’on a moulu 339 kilog. de blé par heure etpar paire de meules, c’est le travail de plus de trois paires de meules dusystème ordinaire, et on n’a consommé que 11 kilog. 12 de houille parquintal de blé moulu.
Citons, en terminant, quelques passages d’une lettre écrite par M. De-vaux , chef de bataillon du génie, au sujet de cet appareil :
«_ L’expérience la plus concluante a prononcé par des épreuves journalières
sur l’efficacité de cette simple addition ( Accéiateur Cabanes ) susceptible d’être ap-pliquée à toute espèce d’appareil de mouture. Indépendamment de l’augmentationconsidérable dans le travail, il est journellement reconnu sur les appareils qui fonc-tionnent avec ce procédé que :
« La séparation des grains en farine et son est plus complètement opérée, c’est-à-dire que le son est beaucoup mieux dépouillé et que la farine est bien moins sus-ceptible de s’échauffer que dans les appareils ordinaires ; que des blés humidesdont la qualité inférieure et le mauvais aménagement occasionnent ordinairementl’empâtement des meules, gagnent beaucoup à cette aération rapide provenant dufait seul de la nouvelle mouture et donnent alors des farines susceptibles d’êtremises en consommation au lieu de l’espèce de bouillie obtenue par le mode de mou-ture ordinaire.
« Quant à l’évaluation exacte de l’augmentation du travail il résulte de l’observa-tion des nouveaux appareils en usage à Bordeaux où j’ai visité à plusieurs reprisesles deux établissements qui les ont adoptés, que pour la même force motrice et dansle même temps ils donnent le quadruple du produit fourni par les appareils ordi-naires. En mettant en comparaison d’aussi grands avantages avec la simplicité dudispositif à ajouter à l’appareil usité pour les obtenir il est impossible de ne pas re-connaître qu’il y a là une grande idée féconde, une source d’économies capitalespour qui réalisera son application et que l’État doit être le premier à le secondertant pour l’effet moral de son empressement à saisir l’occasion des perfectionne-ments utiles que pour le soulagement du budget si onéreux, de l’important servicedes subsistances. »
Enfin, M. Cabanes, à Bordeaux , a moulu devant M. Baron aîné, duHâvre, avec une seule paire de meules de -l m 60 environ de diamètre,696 kilog. de bonne boulange, par chaque heure de travail.