282
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
inspecteur général du génie maritime, prouvent que la force des cordagesde nouvelle fabrique, l’emporte sur celle des anciens, dans le rapport de210 à 100 quand ils sont composés de fils blancs, et de 160 à 100 lorsqueles fils ont été goudronnés (1). »
M. William Nonvell de Newcastle, prit en 1833 un brevet pour une ma-chine qui a pour but de faire en une seule opération le commettage destorons et celui des cordages. Sa complication paraît en rendre les résultatsmoins certains que ceux des machines que nous venons de décrire. Elleest du reste fondée sur les mêmes principes (2).
Le 24 juin 1835, M. Chavassieux prit un brevet d’invention de cinq ans,pour une machine à fabriquer les cordages (3), combinée de manière à pro-duire des vitesses différentes et à servir au commettage des toutes espècesde cordages depuis les torons jusqu’au grelin. Ces opérations peuvent sefaire toutes ensemble et sans se gêner mutuellement. L’auteur, au reste,n’entre que dans les détails de la vitesse et que, par suite, dans la dispositionde ses engrenages.
Comme on le voit tous ces divers perfectionnements de l’art de la corderieont toujours rapport au commettage des cordes, cordages ou câbles ; c’estqu’en effet, c’est cette partie de la fabrication qui est la plus importante etcelle qu’on a cherché à améliorer le plus.
M. Charollais, qui en 1843, le 22 décembre , prenait un brevet d’inven-tion de cinq ans, pour une machine à fabriquer les cordes, fait toutes lesopérations du commettage sur la même machine, c’est-à-dire, que les pre-miers fils commis en brins d’une première grosseur, sont réunis sur lamême machine pour obtenir un cordage d’une autre espèce et d’une plusforte dimension, puis ceux-ci', commis de nouveau, servent enfin à la fabri-cation des grelins de toutes grosseurs. Nous doutons qu’une telle machinedont l’idée est certainement heureuse, puisse néanmoins remplir avec suc-cès toutes les conditions nécessaires à une bonne fabrication.
de très-petits cordages et des ficelles, parce que ses avantages ne sont plus assez sensibles, quand ils’agit de petits torons, pour motiver la dépense des installations nouvelles.
« Depuis quelques années, on s’attache avec persévérance, en Amérique et en Angleterre, à per-fectionner divers systèmes de machines qui préparent le chanvre, l’étirent en mèches de grosseurvoulue, et confectionnent avec ces mèches les fils qui composent les cordages. Il n’existe encore enFrance aucun de ces systèmes, mais la marine royale, qui a étudié soigneusement cette questionpour faire son choix en parfaite connaissance de cause, ne tardera pas à faire un essai de quelqueimportance dans l’un de ses arsenaux.
« On a imaginé aussi une machine qui exécute le commettage par enroulement sur un cylindre detrès-grand diamètre. Ainsi, l’art de la corderie subit à son tour l’entraînement général ; dans tousses détails de travaux, il tend à remplacer le travail des bras par le travail plus perfectionné et pluséconomique des machines. Si les essais qui se poursuivent conduisent tous à de bons résultats, lesdiverses opéralionsde corderie pourront s’accomplir dans des espaces assez restreints, et on n’auraplus besoin de ces longs ateliers qui coûtaient si cher à établir.
« La fabrication des cordages a fait de tels progrès dans tous nos ports, qu’elle peut hardiment sou-tenir la comparaison avec les meilleurs produits étrangers de ce genre. »
(1 ) Dictionnaire technologique, tome vi, page 21.
(2} Dictionnaire des arts et manufactures , page 538.
(3) Brevets expirés , tome xliï, page 193.