PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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brin fait corps avec le cordage, concourt puissamment à augmenter saforce, ne casse point, parce que le cordage ainsi commis ne s’allonge point,et qu’il conserve sa raideur lorsqu’il a été ridé. On voit que la supério-rité de ce système consiste à régler la marche des raccourcissements suc-cessifs qu’éprouvent les fils dans leurs diverses torsions ; mais continuantà leur donner la même longueur, il en résulte après le commettage, lemême défaut que signale Duhamel dans son ouvrage, c’est-à-dire l’inéga-lité de tension.
« Un autre cordier, M. Durecu du Hâvre , paraît avoir approché davan-tage du but, en essayant un mode de commettage encore inusité. Il diviseles fils de chaque toron en plusieurs parties, à chacune desquelles il donneséparément une première torsion en sens inverse de celle que doit rece-voir ensuite le toron entier. L’expérience a prouvé que les cordages faitsainsi ont plus de force que ceux qu’on fabrique par les méthodes ordinaires;mais ils sont en même temps bien moins satisfaisants à la vue, à cause desinégalités que présente leur surface. »
«Un autre mécanicien en Angleterre, le capitaine Huddart, a obtenuune solution également satisfaisante du problème, par des procédés fortsimples. Son appareil a pour principal objet d’ourdir et de tordre en mêmetemps chaque toron ; à cet effet, il dispose les fils qui doivent le composer,de manière à ce que dans la torsion, chacun d’eux conserve toujours, parrapport aux autres, la position la plus convenable pour éprouver une tor-sion à peu près constamment égale. »
« M. Lair, directeur des constructions navales à Brest , et M. Hubert,ingénieur de la marine à Rochefort, mettant ces découvertes à profit pourla France (1), ont combiné ces appareils, qu’ils ont améliorés, avec nosanciennes méthodes, et les ont installés dans la plupart de nos corderiesmaritimes. Des expériences faites à Brest , sous les yeux de M. Rolland,
0) Nous donnons à ce sujet le rapport du jury central de l’exposition de]1844, relatif à la fabri-cation des cordages.
« Il y a vingt-cinq ans environ, tous les travaux de corderie, préparation du chanvre, filage, con-fection des torons et commettage s'exécutaient à bras d’hommes. A celte époque, M. l’ingénieurHubert, aujourd’hui directeur des constructions navales à Rochefort, introduisit dans les arsenauxde la marine royale uu procédé mécanique pour confectionner les torons, imaginé, d’après lesdocuments rapportés tout nouvellement d’Angleterre, par M. le baron Charles Dupin . Ce procédé,qui porte le nom de son inventeur, était un grand perfectionnement dans l’art de la corderie; sonbut et son résultat sont de tendre également tous les fils qui composent le toron, en donnant à cha-cun d’eux une longueur relative à la place qu’il y occupe. Précédemment, tous les fils, ourdis d’unemême longueur, formaient un faisceau qu’on tordait par les deux bouts en sens inverse; après latorsion, les fils, placés à la circonférence du toron, étaient fortement tendus. Ceux du centre étaient,au contraire, refoulés sur eux-mêmes; l'effort qu’avait à faire le toron ne se répartissait ainsi quesur un très-petit nombre de fils ; le nouveau procédé accrut considérablement le force des cordagesen môme temps qu’il apportait plus de régularité dans la fabrication.
« Malgré ses avantages incontestables, il rencontra d’abord de l’opposition dans la routine ; main-tenant il est en usage dans les grandes corderies de nos ports de commerce et dans quelques-unesde l’intérieur où se fabriquent, en grande quantité, des cordages pour la navigation de rivière. Maisi) n’a pu pénétrer dans les petits établissements qui, ne fabriquant que rarement de gros cordages,n’ont pas voulu faire la dépense de l’outillage qu’il exige ; ni dans ceux qui ne confectionnent que