PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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nouvelles dispositions de tourets qui forment les bobines, et plusieurs per-fectionnements dans les appareils à filer et à commettre. Nous croyons qu’àce sujet il ne sera pas sans intérêt de donner un extrait du rapport qui a étépublié par le jury central de l’exposition de 1844.
« M. Merlié-Lefèvre a fondé son établissement de corderie, il y a peud’années, sur une échelle jusque là inusitée en ce port. Il l’a tout d’abordpourvu de l’outillage nécessaire pour fabriquer les gros cordages d’aprèsles méthodes les plus perfectionnées ; il a dirigé les travaux avec un zèlç etune intelligence qui ont amené de rapides progrès ; il emploie pour lesdiverses opérations de ses ateliers trois machines à vapeur de la force en-semble de 15 chevaux, et habituellement une centaine d’ouvriers, indépen-damment des marins en grand nombre occupés à préparer les gréements.
« La production par année est de 300 à 350,000 kilogrammes de cordagesde toute espèce. L’étendue et l’outillage de l’établissement permettraient,au besoin , d’accroître cette production.
« Les cordages exposés par M. Merlié-Lefèvre sont très-bien confec-tionnés, et cependant on peut remarquer qu’ils n’ont reçu aucun soinextraordinaire : ce sont des produits de fabrication courante. Les fils ensont beaux, leur arrangement dans les torons est très-régulier, la torsionexécutée par le procédé Hubert, et le commettage, attestent une grandepratique de la profession du cordier. Encore quelques progrès, et ils pour-ront le disputer à ceux qui se confectionnent dans les établissements lesplus renommés des ports du commerce.
« M. Merlié-Lefèvre , en fondant un établissement aussi considérable ,et en le faisant progresser aussi rapidement, a rendu un véritable ser-vice au port du Havre , qui auparavant était tributaire des autres contréespour une partie des cordages que réclament les armements. Dans cettepensée , le jury départemental l’a félicité du succès de ses efforts. Le jurycentral les récompense en lui décernant une médaille d’argent. »
DESCRIPTION DE LA CORDERIE MÉCANIQUE
DE M. MERLIÉ-LEFÈVRE, REPRÉSENTÉE PLANCHES 23 , 24 ET 25 .
La fabrication des cordages de chanvre se compose de cinq opérationsdistinctes, savoir :
1° Le filage des brins ;
2° Le goudronnage des fils ;
3° L’ourdissage et l’envidage sur les bobines ;
4° Le commettage des fils pour en former des torons ;
5° Le commettage des torons pour la confection des cordages ou descâbles.
Chacune de ces opérations s’effectue mécaniquement dans un vaste localconstruit en briques et bois, et couvert en ardoises, et qui n’a pas moins