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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
de 350 mètres de longueur sur 8 mètres 50 centimètres de largeur. Il estcomposé d’un rez-de-chaussée servant au commettage et d’un étage danstoute sa longueur qu’on appelle filerie, et qui sert à la fabrication des fils.Il est éclairé par 700 ouvertures à contrevents.
La fig. l re , pl. 23, représente cet établissement en coupe longitudinale,suivant la ligne 1-2 (1).
Et la fig. 2 en est un plan général dont une partie indique le rez-de-chaussée , et l’autre partie le premier étage.
Nous allons indiquer le travail nécessaire à la fabrication des cordages,ainsi que l’emploi des diverses machines de l’usine, puis nous décrirons endétail chacune de ces machines en nous appesantissant alors sur leur con-struction et leur travail.
Les étoupes de chanvre sont peignées à la main sur des peignes fixes P,dans un atelier séparé que l’auteur a eu le soin de placer au deuxième étage ;jetées par le peigneur dans des cases en bois qui les conduisent à l’étageinférieur, elles sont prises par l’ouvrier fileur, dont l’emploi est, commeon sait, de répartir très-également, et sans interruption, les brins desmatières filamenteuses à côté et à la suite les uns des autres, et à les réunirpar un certain degré de torsion qu’on leur donne en même temps, demanière qu’étant tortillés les uns sur les autres, on les romprait plutôt quede les désunir. La finesse du fil est en raison du nombre de brins dont onle compose. On ne peut faire du fil très-fin et bien égal qu’avec des matièresextrêmement divisées.
En 1838, M. Buchanan en Angleterre, inventa une machine spécialepour fabriquer le fil de carel d’une manière continue ; cette machine estreprésentée pl. 25, fig. 16 et suivantes ; il paraît qu’elle est employée main-tenant dans beaucoup d’usines anglaises, quoiqu’en France on la connaisseà peine. Nous ferons voir qu’elle évite complètement le travail de l’homme.Le chanvre dont on se sert se compose de boudins obtenus aux machinesordinaires de préparation , et est transformé par la machine en fil de caretd’une régularité parfaite.
Chez la plupart de nos cordiers, les ateliers des fileurs des fils de caretsont ordinairement à découvert, mais autant que possible à l’abri du ventet du soleil (2).
Les principaux instruments à l’usage du fileur consistent ordinairementdans un rouet à plusieurs broches, en tourets ou dévidoirs et chevalets ourâteliers placés de distance en distance dans toute la longueur de l’atelier.
Le rouet ordinaire, qui a été remplacé chez M. Merlié par le croissantreprésenté en N sur le plan général, se compose d’un madrier, sur un desbouts duquel s’élèvent deux montants, qui vont soutenir une grande roue
(1) Le format de nos planches ne nous a pas permis de faire voir cet établissement dans toute salongueur ; nous avons dû indiquer seulement les parties où sont placés les appareils.
(2) Dans les ports de mer, et afin de travailler en toute saison, ces établissements sont couvertscomme celui de M. Merlié-Lefèvre.