PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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tire par un bout qu’on passe à travers une filière attachée à un poteau prèsde la chaudière, et composé d’une pièce d’acier sur laquelle on fait glisser,à l’aide d'un levier chargé de poids, une autre pièce d’acier ; l’une et l’autrede ces pièces sont percées d’une échancrure formant, en se rapprochant,un trou ovale dont les bords sont arrondis et dans lequel le fil est suffisam-ment comprimé pour se débarrasser du goudron superflu, qui rentre dansla chaudière par un tuyau. Au sortir de cette filière, le fil.est enveloppédeux fois autour d’un tambour vertical mis en mouvement par un manège ;ensuite on le fait passer à travers un trou pratiqué dans le mur du bâti-ment opposé, là un ouvrier le roule en spirale. A mesure de l’avancementde ce travail, une nouvelle quantité de fil est plongée dans la chaudière;il est très-important que le degré d’ébullition soit convenablement réglé,et que le fil ne reste pas trop longtemps dans le goudron (1).
Chaudière a goudronner. — La meilleure méthode en usage pourgoudronner les fils, est sans contredit celle qui est employée dans l’usine deM.Merlié-Lefèvre. L’appareil fort bien établi par M. Nillus, se compose d’unechaudière en cuivre représentée en R sur le plan général, pl. 23, et fig. 9 et10,pl. 24. Une autre chaudière C', plus petite que la première et boulonnéeà l’intérieur de celle-ci, forme un double fond dans lequel on introduit dela vapeur au moyen du tuyau n' et du robinet m! ; cette vapeur, qui n’apas besoin d'être à une haute température, provient d’un fourneau parti-culier dont la cheminée est indiquée en C' sur le plan général. Nous feronsremarquer qu’elle peut provenir également du moteur général de l’usine,et qu’elle accomplit en même temps deux effets bien importants ; le pre-mier, celui de chauffer le goudron pour l’amener à un degré de limpiditéconvenable, et le second, celui de saturer les fils pour qu’ils puissent s’im-biber plus facilement de la matière. A cet effet, la vapeur après avoir rem-pli le double fond passe dans une capacité annulaire E/ contenant une ran-gée de tubes en cuivre F', destinés au passage des fils à goudronner i, deuxtuyaux F 2 d’un plus grand diamètre servent pour l’entrée et le retour dela vapeur. Celle-ci peut s’échapper soit par le robinet k , placé à l’extré-mité des tubes, soit par le robinet m adapté à la chaudière, et communi-quant avec le tuyau de dégagement n.
Pour éviter la déperdition de chaleur due au contact de l’air froid, lacapacité E' est entourée d’une enveloppe en bois maintenue au moyen despattes en fer g ; on pourrait, pour rendre le procédé plus efficace, intro-duire entre les deux parties du feutre en bandes, ainsi que cela se pratiquemaintenant pour les locomotives et pour quelques machines à vapeur.
A leur sortie de la chaudière, les fils sont enroulés sur des tourets D(fig. 15, pl. 24), qui déterminent leur marche pendant le travail. Pourpermettre de régler la quantité de goudron nécessaire, l’appareil est munid’un rateau N', qu’on peut élever ou descendre à volonté en agissant sur le
H) Bulletin (le la société d’encouragement, 43e année, page 358.