PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Si sur cette quantité on compte 1/10 de graines ou 11.756, on trouvequ’elles ne rempliront point la 1 /7 e partie des alvéoles qui se présententpour les recevoir, par conséquent il y a sept chances contre une pour quetoutes les graines se logent dans les cavités.
Mais, comme nous l’avons dit, dans le commerce, il ne se rencontrepas de blés aussi chargés de mauvaises graines, on compte 2, 3 à 4 p. 0/0au maximum, et par conséquent pour la même quantité de blés que l’onsoumet à la machine dans le même temps, le rapport est 3, 4 à 5 fois plusgrand encore, c’est-à-dire qu'il y a 20 à 30 fois plus de trous que degraines à loger. On peut donc comprendre que le triage doit être aussi exact,aussi parfait qu’il est possible de le désirer dans un travail manufacturier.
Comme les mouvements sont disposés pour permettre de varier la mar-che de la chaîne, plus les blés sont chargés de graines, plus on augmentela vitesse de celle-ci et réciproquement, on peut donc toujours établir unrapport convenable entre l’avancement de la chaîne et le travail à produire.
Dans les bons moulins montés aux environs de Paris , le travail habituel dechaque paire de meules à l’anglaise de l m 30 de diamètre, et marchant à 120révolutions par minute, est de 15 à 16 hectolitres de blé froment par 24 heures.
Dans le Lyonnais, et dans plusieurs autres contrées, où les farines nesont pas travaillées comme à Paris , c’est-à-dire où on emploie beaucoupmoins de farines l res , on fait faire aux moulins 24 à 25 hectolitres par pairesde meules et par 24 heures.
Ainsi l’appareil de MM. Vachon, construit avec une chaîne de 70 centi-mètres de largeur, pouvant trier 4 x 24 = 96 hectolitres par 24 heures,peut suffire dans de certaines contrées au produit de 6 paires de meules, etdans d’autres, à celui de 4 paires de meules, travaillant sans cesse.
AVANTAGES RÉSULTANT DE L’EMPLOI DU TRIEUR MÉCANIQUEPOUR LA MEUNERIE.
Le c mmerce de la meunerie est appelé à retirer de grands avantages del’emploi de cet appareil ; il suffit pour s’en rendre compte, d’examiner lesrésultats suivants, qui sont incontestables.
En supposant que l’on opère sur 100 kilog. de blés destinés à la mou-ture, et donnant un produit de 75 kilog. de farine, le blé moulu ne conte-nant après le triage ni graines, ni graviers, ni terre
1° Donne des farines premières de meilleure qualité, et en même temps2 à 5 p. 0/0 de ces farines de plus, pour la même quantité en moins de fa-rine deuxième, il est peu d’estimer cette plus-value de 30 cent, à 1 fr.
2° Les petits blés extraits des 100 kilog. sur lesquels on opère, donnantmaintenant à la mouture, 2 à 3 p. 0/0 de farines troisième et quatrième,produisent, lorsqu’ils seront parfaitement purgés par le trieur de toutesles mauvaises graines qu'ils contenaient, 2 à 3 p. 0/0 de farine deuxième,d’une valeur de 15 fr. au moins par 100 kilog. de plus que celles troisièmeet quatrième, soit par conséquent 2 à 3 kilog. à la cent., ou 30 à 45 cent,de plus-value, sur la mouture des 100 kilog. de blés.