PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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veut les raccourcir ou les rallonger, les ouvriers qui s’en servent ne leurdonnent jamais exactement la longueur primilive qu’elles doivent avoir, etde plus, les poulies s’usent ; leur diamètre diminuant, les vitesses changent ;les pivots ou les tourillons et les noix s’usent également, et prennent dujeu; il y a des temps perdus, des chômages continuels.
Par le métier de M. Caron, et pour lequel il a pris, en 1844, un brevetd’invention et de perfectionnement de 15 ans, on évite ces inconvénients.Les bobines, placées sur le bas du métier pour recevoir les fils, se garnis-sent avec la plus grande régularité sans augmenter le tirage et sans aug-menter le degré de couverture sur toute la longueur du fil. On peut, deplus, faire couvrir les fils plus ou moins serré, et à gauche comme à droite,soit par une partie du métier seulement, soit par le métier tout entier; etenfin , comme toutes les bobines sont indépendantes les unes des autres,les couvertures comme les âmes peuvent être très-différentes entre elles :les unes peuvent être très-fines, très-serrées, les autres beaucoup plus grosseset peu rapprochées.
Outre tous les avantages que présente ce nouveau métier, outre toutesles conditions que nous venons d’énumérer, il permet encore de faire untravail que l’on n’a pu obtenir sur aucun des métiers exécutés jusqu’à pré-sent, savoir : de râc/er ou de tondre les fils de laine, de coton, ou autres,opération très-délicate, très-difficile, et qui n’a pu être effectuée jusqu’iciconvenablement.
Pour arriver, avec une dimension donnée de machine, à opérer avec unecélérité beaucoup plus considérable, et sans cependant augmenter pourcela la vitesse de rotation des bobines, M. Caron a cherché à disposer lesbobines de manière que les fils de plusieurs d’entre elles couvrent à la foisla même âme en se plaçant les uns à côté des autres, de telle sorte que letravail paraisse exactement comme s’il avait été obtenu par un seul fil con-tinu. Ainsi, au lieu d’avoir autant d’âmes que de fils à couvrir, il en place,sur le métier, trois, quatre, six ou huit fois moins ; par conséquent, pourune machine qui doit porter une douzaine d’âmes, par exemple, il disposedouze systèmes de chacun trois, quatre, six ou huit bobines et même plus,au lieu de douze bobines seulement. On conçoit sans peine que cette nou-velle disposition présente sur la précédente un grand avantage, puisquealors, dans un temps donné, on pourrait faire faire au métier, trois, qua-tre , six ou huit fois plus d’ouvrage sans le fatiguer davantage et sans aug-mentation sensible de dépense, de main-d’œuvre, ou de force motrice.
La modification apportée au métier, pour atteindre ce but, consiste àréunir plusieurs bobines sur un même plateau, placé horizontalement,auquel on imprime un mouvement de rotation rapide, de sorte que chacunede ces bobines tourne verticalement sur elle-même avec la même vitesse,qui est aussi considérable qu’on le désire. Le tube qui sert de conducteurà l’âme que l’on veut couvrir est alors vertical, au lieu d’être horizontalcomme dans la machine précédente, et tous les fils des bobines du même