MACHINE
On sait que dans plusieurs villes manufacturières de France , on fait de-puis longtemps, soit à la main, soit au rouet de Lyon , cette opération decouvrir les fils de fer ou de cuivre, de fil ou de coton, par des fils de soie,d’or ou d’argent, etc., à l’usage des passementiers, des guimpiers, destireurs d’or et d’argent, des fabricants de gances, de cordes harmoniqueset autres. Ce genre de fabrication est susceptible de prendre plus d’exten-sion par l’application que l’on fait de ces sortes de fils recouverts dans lesappareils électriques, surtout à l’époque actuelle où l’on s’occupe active-ment de divers systèmes de télégraphes fonctionnant par l’électricité.
Ainsi M. Froment, ingénieur de mérite, qui s’occupe tout particulièrementde ces appareils, a établi chez lui une petite machine fort ingénieuse pourentourer les fils de cuivre ou d’autre métal, par des fils de coton ou de soie,machine d’autant plus intéressante qu’elle fonctionne seule, sans le secoursde l’homme, et mise en mouvement par le moteur électrique même quecet habile ingénieur a imaginé, et dont nous ferons bientôt connaître lesdispositions. Une telle machine marche avec une vitesse extrême, et débiteun travail qui paraît considérable au bout de chaque journée.
M. Caron, mécanicien bien connu pour la construction de différentesmachines qu’il a su modifier et améliorer, s’est aussi occupé et construittous les jours de ces appareils propres à couvrir les fils, mais alors sur desdimensions telles qu’ils permettent d’opérer sur un très-grand nombre debobines à la fois; non-seulement les produits sont obtenus très-rapidementet avec une grande économie , mais encore avec une régularité parfaite,avec toute la précision désirable, condition que ne remplissent pas toujoursles métiers employés jusqu’ici. Tous les fils destinés à s’enrouler autour desâmes ont toujours été, dans chacun de ces appareils , commandés par despoulies à cordes. Or, on sait que celles-ci sont très-susceptibles de varier ;elles sont hygrométriques, elles s’allongent, elles glissent, et lorsqu’on