PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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et ancien patron, manufacturier et maire à Barentin, qui l’a compris, etqui, par ses avances, par ses encouragements, l’a fait persévérer dans sesrecherches, dans ses essais, et produire un appareil qui est aussi remarquablepar le jeu, par la combinaison des pièces qui le composent, que par lajustesse, la célérité et la précision avec laquelle il effectue les opérationssuccessives, de soulever les chapeaux, de les nettoyer, de les remettre exac-tement à leur place, et enfin de se transporter seul, sans le secours depersonne, aux instants voulus, d’une partie à l’autre de la machine.
L’application d’un débourreur mécanique à chaque carde ne doit pasêtre seulement considérée comme une question d’humanité, mais unequestion d’économie pour le fabricant. On sait très-bien que le débourragemanuel, tel qu’il est effectué dans la plupart des carderies, laisse beaucoupà désirer sous le rapport de la régularité du travail ; parce que le plus sou-vent le même ouvrier est chargé du nettoyage des chapeaux de huit à dixcardes consécutives. Or, comme il est obligé de débourrer tous les cha-peaux d’une même carde avant de passer à la suivante, il en résulte natu-rellement qu’il ne revient à la première qu’après toutes les autres, c’est-à-dire qu’il est forcé de nettoyer successivement une centaine de chapeauxet plus, avant de recommencer la même opération à chacun d’eux. Oncomprend que pendant ce temps, il peut se produire, et il arrive en effet,des engorgements, des irrégularités plus ou moins graves, qui nuisentbeaucoup aux préparations, et par suite à la filature.
Avec un débourreur mécanique appliqué à chaque carde, comme celui deM. Dannery, on évite ces inconvénients, il n’existe pas d’interruption dansle travaille nettoyage des chapeaux est beaucoup plus uniforme et plus ré-pété, et, par conséquent, le cardage est lui-même plus régulier, plus complet.
On a tenté, à diverses époques, de nettoyer mécaniquement les chapeauxdes cardes à coton (1), mais, soit que les moyens proposés à cet effet nepussent pas remplir le but, soit qu’ils fussent trop difficiles à appliquer, outrop compliqués et par suite trop dispendieux, il ne paraît pas que l’on aitcherché à en faire usage dans les usines françaises ou anglaises. Puisqu’ons’en est occupé à différentes fois, on doit croire, du moins, que c’est unsujet qui n’est pas sans importance, et il suffit, en effet, d’entrer dans unecarderie, pour comprendre combien il serait à désirer que l’on pût arriverà adopter un mécanisme capable de remplacer le travail manuel.
La Société industrielle de Mulhouse appelée à examiner le système dedébourrage de M. Dannery en a fait un rapport favorable. L’auteur, qui aconcouru pour le prix proposé par cette Société pour le nettoyage descardes, pouvait avoir l’espoir de le remporter; mais, comme les conditionsdu programme exigeaient que le débourrage fût applicable au tambourcomme aux chapeaux, et que l’invention de M. Dannery ne s’applique qu’àces derniers, ce prix n’a pas été accordé.
(1) Des essais de plusieurs systèmes différenu oui élé fails dans l'établissement de MM. Schlum-berger, à Guebwiller .
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