PUBLICATION INDUSTRIELLE.
403
Autour d’une première barre centrale et ronde, qui a été préalablement biencorroyée , on arrange une suite de barres cintrées, concentriques à la première,dont les joints se trouvent justement dans la direction même des rayons ; on endispose une autre rangée, qui est également composée de bandes semblables etconcentriques ; on continue de cette sorte à superposer, tout autour de la pièce,autant de couches ou barres analogues, jusqu’à ce qu’on soit arrivé à la grosseurvoulue, puis on porte cette masse ainsi préparée sur une enclume et sous un marteaude forme creuse ou demi-cylindrique, afin d’embrasser une plus grande surface etlui conserver, à mesure que le corroyage s’effectue, la forme ronde qu’on veut luidonner.
On peut être certain par cette méthode que la pièce est parfaitement homogène,également résistante dans toutes ses parties, quelle que soit la position qu’elleoccupe dans le mouvement de rotation qui lui est imprimé ; et on comprend alorsque, pour la même grosseur ou le même diamètre, et par conséquent la mêmequantité de métal, l’arbre ainsi confectionné sera sensiblement plus fort, résisterabeaucoup plus à des efforts de torsion ou de charge que l’arbre exécuté, commenous l’avons dit plus haut. Ainsi, pour une puissance donnée, on peut réduire parce moyen les dimensions de la pièce qui doit transmettre cette puissance. La sec-tion des bandes ou des barres de fer, employées dans cette circonstance, est de laforme de segment de cercle que l’on obtient, au reste, très-aisément en les faisantpasser entre des cylindres de laminoirs disposés à cet effet. Les cannelures de cescylindres sont variables, suivant les diamètres des arbres à faire, suivant la dimen-sions des barres ou des segments que l’on veut employer.
Cette méthode de forgeage est non-seulement applicable aux arbres pleins, ouautres pièces analogues, mais encore aux arbres creux qu’elle permet de faire avecla plus grande facilité et avec la solidité désirable.
MM. Petin etGaudet,qui emploient pour leur travail de forge plusieurs mar-teaux-pilons à vapeur (1), ont eu l’idée de disposer l’enclume sur une sorte de plate-forme tournante, que l’on peut, à l’aide de la denture ménagée à sa circonférence,et de pignons dentés, faire mouvoir, pour la changer de direction par rapport à labase du marteau. Cette disposition leur a été suggérée par la difficulté que l’onéprouve dans la pratique, à manœuvrer de fortes pièces , qui doivent être successi-vement étirées ou allongées, et planées ou parées.
MM. Petin et Gaudet sont des maîtres de forge très-intelligents et fort actifs, quirendent aujourd’hui d’immenses services aux constructeurs et aux compagnies dechemins de fer, en général, en leur livrant, à très-bon marché et parfaitement bienconditionnées, les pièces de fer les plus difficiles et de toutes dimensions.
(1) Nous avons publié les marteaux-pilons à vapeur, dans le iv® vol. de ce Recueil.