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Tome cinquième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

Au reste, nous avons la conviction que les tubes en fer sont appelés àremplacer dans un grand nombre de cas, surtout pour les chaudières tubu-laires, les tubes en cuivre. Nous croyons quà ce sujet il ne sera pas sansintérêt de donner ici, daprès les Annales des Mines , un rapport deM. Combes, ingénieur en chef des mines, sur lemploi des tubes pourchaudières, et un extrait du Mémoire de M. Gervaise, sous-ingénieur de lamarine, et relatif à la comparaison quil fait entre ces deux sortes de tubes.

AVIS DE LA COMMISSION CENTRALE DES MACHINES A VAPEUR.

RAPPORT DE M. COMBES.

Il résulte des renseignements fournis par M. lingénieur en chef des mines Ma-nès, président de la Commission de surveillance des bateaux à vapeur de Bordeaux ,que les tubes cylindriques en cuivre rouge brasés à la soudure forte, résistent très-mal à une pression exercée sur leur convexité, tendant à les écraser, et saplatissentsouvent, sans se déchirer, sous une pression bien inférieure à celle qui détermi-nerait la rupture de ces tubes, si elle sexercait sur leur concavité et du dedansvers le dehors. Ainsi, dans la chaudière de lhospice, à trois reprises, un des tubesen cuivre rouge, de 3 m ,50 de longueur, 0 m ,06 de diamètre intérieur, et 0 m ,0015dépaisseur, sest aplati sous des pressions dépreuve de 9 à 12 atmosphères. Or,en admettant que la ténacité absolue du cuivre rouge en feuilles soit seulement de20 kilog. par millimètre carré (les diverses expériences publiées donnent pourcette ténacité des valeurs comprises entre 2t kilog. et 23 kilog. par millimètrecarré), on trouve que le tube, pressé de dedans en dehors, ne se serait déchiré quesous une pression de 96 atmosphères.

Plusieurs tubes des chaudières des bateaux les Éclairs et les Garonnes , de 3 mè-tres de longueur, 15 centimètres de diamètre et 3 millimètres dépaisseur, sesont aplatis sous des pressions dépreuve de 10 atmosphères. Pressés de dedans endehors, ils nauraient se déchirer que sous une pression de 77 atmosphères.

Dun autre côté, les accidents arrivés à la chaudière de lhospice de Bordeaux ,le 11 janvier dernier, et le 31 du même mois, à la chaudière du bateau à vapeur leCorsaire Noir , mettent en évidence les inconvénients que présentent, à lusage,les tubes calorifères en cuivre. Ces accidents montrent, en effet, que si le niveaude leau vient à sabaisser accidentellement au-dessous dune partie des tubes danslesquels circulent les gaz chauds résultant de la combustion, ces tubes sont sujetsà des déchirures ou ruptures occasionnées soit par laltération prompte du cuivrerouge exposé à laction des gaz chauds, soit par la dilatation quil éprouve et quidépasse de beaucoup celle du fer (1).

Les tubes en fer étiré ou en tôle de fer résistent beaucoup mieux que les tubesen cuivre à laplatissement sous une pression tendant à les écraser, ainsi que lemontrent quelques expériences, et quon devait lattendre du degré plus grand deraideur et de dureté du fer. Notre collègue, M. Mary, a fait, à cet égard, comme

(I ) Les dilatations linéaires du cuivre et du ter sont, daprès les expériences de Dulong et Petit,pour des accroissements égaux de température, dans te rapport de 172 à 118. ( Voy. la description dela chaudière tubulaire dans le tome m de ce recueil.)