CARDE BOUDINEUSE OU FILEUSE
POUR LA LAINE GRASSE,
Construite par M. P1HET, à Paris .
(planche 40 ).
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Il y a déjà longtemps que l’on a proposé, pour la filature de la laine, descardes dites boudineuses ou fileuses qui présentent l’avantage dans un seulet même appareil d’effectuer le cardage et un premier filage de la substancefilamenteuse que l’on soumet à son action. Mais pour que les produits quisortent d’une telle machine soient bons à être filés, il faut qu’elle soit parfai-tement construite , et en même temps conduite avec beaucoup de soin etd’intelligence ; il faut que tous les cylindres qui la composent, et qui consti-tuent réellement l’âme de toute la partie vivante du métier, soient exactementronds, tournés bien cylindriques, sans aucun baslourd, il faut aussi quetous les axes soient posés bien parallèlement entre eux, il faut enfin quetoutes les parties principales travaillantes aient entre elles une harmonieparfaite, et restent constamment bien réglées.
La machine est véritablement vicieuse, mauvaise, quand elle n’est pasbien exécutée par le constructeur, et qu’elle est mal réglée par le fileur;elle a beaucoup de peine à filer et ses produits sont irréguliers, on ne peutalors en tirer aucun profit avantageux.
On comprend qu’en présence des difficultés sérieuses que présentent laconstruction et la conduite d’un tel appareil, on ait été bien des annéesavant de l’adopter dans les établissements de filature de laine cardée, etaujourd’hui, malgré les soins que plusieurs constructeurs ont su apporterdans l’exécution des pièces essentielles de ces métiers, malgré l’intelligenceet les soins des ouvriers chargés de les conduire, de les faire marcher, ilexiste encore, il faut le dire, trop peu d’usines qui emploient ce genred’appareils, soit parce qu’on ne les connaît pas suffisamment bien , soitparce qu’on craint de ne pas pouvoir réaliser les avantages qu’ils promet-tent réellement, lorsqu’ils sont bien confectionnés et bien conduits.