Les machines à élever l’eau sont de différents systèmes, et presque toutesdatent déjà de plusieurs siècles. Lorsqu’il s’agit de puiser l’eau à une grandeprofondeur ou de la monter à une grande hauteur, on ne peut guère em-ployer avec avantage que les pompes , pour travailler d’une manière con-tinue et avec le moins de dépense de force possible. Quelquefois, cepen-dant, on fait l’application de norias ou de chapelets verticaux ou inclinés.Mais dans les opérations accidentelles, comme dans les épuisements, oùl’on n’a généralement à élever l’eau qu’à de faibles hauteurs, on emploieordinairement soit des vis d’Archimède (1), soit des roues à godets, soit desroues à tympan ; on a aussi appliqué avec succès un système de roue à palettes,renfermées dans un coursier circulaire ; telle est la grande roue établie auport de Saint-Ouen, et dont nous avons parlé en décrivant la belle machineà vapeur qui la fait mouvoir (2). Toutes les personnes qui ont visité l’éta-
0) On sait que les vis d’Archimède sont susceptibles d’applications bien différentes: ainsi, aprèsavoir été employées comme machines à élever l’eau, en les plaçant sous des angles de 30 à 45°, ona cherché à s’en servir comme machines soufflantes, comme moteurs ou propulseurs de bateaux ; ontrouve à ce sujetdans le tome II des Récréations mathématiques et physiques , dont la plus nouvelleédition date de 1778 , la description d’une de ces vis appliquée à faire mouvoir un tourne-broche,par l’ascension de l’air raréfié, et l’auteur termine en disant : « Il n’y a nul doute qu’on ne pût appli-quer une pareille invention à des ouvrages utiles : on pourrait, par exemple, s’en servir à former desroues qui seraient toujours plongées sous l’eau, leur axe étant placé parallèlement au courant (voirles diverses dispositions d’hélices que nous avons représentées et décrites dans le 3 e vol.) ; on pour-rait même, pour donner à l’eau plus d’activité, renfermer cette roue hélicoïde dans un cylindrecreux, où l’eau une fois entrée et poussée par le courant supérieur, agirait, je crois, avec beaucoupde force. »
« Si l’on redressait ce cylindre, en sorte qu’il reçût par son ouverture supérieure une chuted’eau, cette eau ferait tourner la roue et l’axe auquel elle serait attachée , et pourrait mener uneroue de moulin ou quelque autre machine; tel est le principe du mouvement des roues du Basacles,fameux moulin de Toulouse . »
U y a peu d’années, on a pris brevet pour des turbines à hélice de ce genre, dont une a été es-sayée à Saint-Maur .
(2) Voy. les 4 e et 5e livraisons du 1 er volume ( 2 e édition ) de ce recueil ; celte roue est dessinéeavec détails dans l’ouvrage de notre prédécesseur, Al. Leblanc.