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Tome sixième.
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ROUES A TYMPANS ,

OU MACHINES A ÉLEVER LEAU,

CONSTRUITES

I*ai* SI* ©AVÉ, à Paris .

(PLANCHE 4.)

Les machines à élever leau sont de différents systèmes, et presque toutesdatent déjà de plusieurs siècles. Lorsquil sagit de puiser leau à une grandeprofondeur ou de la monter à une grande hauteur, on ne peut guère em-ployer avec avantage que les pompes , pour travailler dune manière con-tinue et avec le moins de dépense de force possible. Quelquefois, cepen-dant, on fait lapplication de norias ou de chapelets verticaux ou inclinés.Mais dans les opérations accidentelles, comme dans les épuisements,lon na généralement à élever leau quà de faibles hauteurs, on emploieordinairement soit des vis dArchimède (1), soit des roues à godets, soit desroues à tympan ; on a aussi appliqué avec succès un système de roue à palettes,renfermées dans un coursier circulaire ; telle est la grande roue établie auport de Saint-Ouen, et dont nous avons parlé en décrivant la belle machineà vapeur qui la fait mouvoir (2). Toutes les personnes qui ont visité léta-

0) On sait que les vis dArchimède sont susceptibles dapplications bien différentes: ainsi, aprèsavoir été employées comme machines à élever leau, en les plaçant sous des angles de 30 à 45°, ona cherché à sen servir comme machines soufflantes, comme moteurs ou propulseurs de bateaux ; ontrouve à ce sujetdans le tome II des Récréations mathématiques et physiques , dont la plus nouvelleédition date de 1778 , la description dune de ces vis appliquée à faire mouvoir un tourne-broche,par lascension de lair raréfié, et lauteur termine en disant : « Il ny a nul doute quon ne pût appli-quer une pareille invention à des ouvrages utiles : on pourrait, par exemple, sen servir à former desroues qui seraient toujours plongées sous leau, leur axe étant placé parallèlement au courant (voirles diverses dispositions dhélices que nous avons représentées et décrites dans le 3 e vol.) ; on pour-rait même, pour donner à leau plus dactivité, renfermer cette roue hélicoïde dans un cylindrecreux, leau une fois entrée et poussée par le courant supérieur, agirait, je crois, avec beaucoupde force. »

« Si lon redressait ce cylindre, en sorte quil reçût par son ouverture supérieure une chutedeau, cette eau ferait tourner la roue et laxe auquel elle serait attachée , et pourrait mener uneroue de moulin ou quelque autre machine; tel est le principe du mouvement des roues du Basacles,fameux moulin de Toulouse . »

U y a peu dannées, on a pris brevet pour des turbines à hélice de ce genre, dont une a été es-sayée à Saint-Maur .

(2) Voy. les 4 e et 5e livraisons du 1 er volume ( 2 e édition ) de ce recueil ; celte roue est dessinéeavec détails dans louvrage de notre prédécesseur, Al. Leblanc.