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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
se prolonge au delà du plan vertical mené par l’axe de la zone, d’une longueur àpeu près égale à l’intervalle entre deux aubes; du côté d’amont, il s’évase en enton-noir pour faciliter l’entrée de l’eau qui en couvre ainsi l'orifice, et y pénètre commeelle ferait dans une conduite placée au fond d’un réservoir. Il résulte de cette dis-position que l’eau de la retenue agit sur les palettes, comme elle agirait sur le pistond’un cylindre.
« Pour diminuer la résistance de l’eau sur les aubes ou palettes, elles sont tailléesen forme de proue par dessous, et en forme de poupe par dessus.
« La roue ne perd à peu près rien de son effet utile, pour une même chute,quand l’eau s’élève, en amont, jusqu’au point de surmonter le petit cylindre audelà duquel sont placées les aubes.
« Pour que cette roue jouisse des avantages qui lui sont propres, il faut que savitesse n’excède pas 1“30 par seconde. »
Essai au frein. — La roue qui vient d’être décrite, essayé au frein, a donné0.825, 0.75, 0.824, 0.85 pour 100; ces rendements, même le plus faible, atteignentou dépassent les rendements les plus forts des meilleures roues connues. Je n’osepas affirmer que ces résultats sont irréprochables, bien que les expériences aient étéfaites sous les yeux de M. Bellanger, professeur d’hydraulique à l’école des Ponts-et-Chaussés, et de quelques autres habiles ingénieurs, et que je ne me sois pas fié àmes propres calculs pour déterminer l’effet utile. C’est ce qui me fait vivementdésirer que l’Académie des Sciences veuille bien nommer une commission pourconstater ce rendement d’une manière authentique.
EAU DE SAVON POUR LUBRIFIER LES PIVOTSET TOURILLONS DES ARBRES,
PAR M. DIEUDONNÉ.
Il y a peu de temps un constructeur américain s’est fait breveter pour une dispo-sition mécanique servant à lubrifier les tourillons avec de l’eau au lieu d’huile oude graisse. On sait que dans plusieurs circonstances, déjà depuis longtemps, on aemployé l’eau à cet usage. Mais M. Dieudonné observe que l’eau entraîne une plusprompte destruction du fer et du bronze. Toutefois il propose, comme produisantde bons résultats, non de l’eau ordinaire qui tient presque constamment en disso-lution des matières qui attaquent les métaux, mais de l’eau filtrée dans laquelle ila dissous du bon savon jusqu’à l’apparence laiteuse. Cette eau laiteuse n’a pas,dit l’auteur, comme l’huile, l’inconvénient de laisser sur les métaux une crasse quiaugmente le frottement. Il suppose que l’eau de savon découle incessamment d’unréservoir et se perd en tombant goutte à goutte.
On sait que l’eau de savon est souvent employée dans les ateliers de constructionpour faciliter le travail des outils ; ainsi, pour tourner, pour percer, il n’est pasrare de voir les ouvriers faire usage de l’eau légèrement chargée de savon. On serappelle que nous avons indiqué , en 1841, dans le tome 1 er , le procédé de M. Sul-zer pour empêcher les tourillons de s’échauffer avec une dissolution de potasse.