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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
navires à vapeur. Nous croyons donc qu’il est intéressant de les faire con-naître, mais nous commencerons auparavant par un outil moins puissantet plus employé : c’est la machine représentée en élévation et en plan,fig. 1 et 2 (pl. 5), et qui est principalement destinée à découper ou àrogner des feuilles minces en cuivre, en fer, en zinc, en fer-blanc, etc.
Cisaille a mouvement continu. — Cette machine a été construitepar M Nillus du Hâvre, sur les dessins de M. E. Karr, ingénieur de nosamis, qui s’est occupé tout particulièrement des usines à fer et à cuivre.Elle est disposée avec un long couteau ou lame tranchante en acier A,qui est boulonné sur toute sa longueur contre la partie latérale d’un ba-lancier en fer forgé B (fig. 3), à section rectangulaire. La forme de cettelame est particulière: au lieu d’être droite, comme on le fait généralement,elle est courbe, légèrement bombée vers le milieu ; c’est une parabole ousimplement un arc de cercle d’une flèche de 25 millimètres par rapportà la corde passant par les deux extrémités. M. Karr a remarqué que cetteforme est de beaucoup préférable à la lame droite. Le balancier B doitosciller autour de l’une de ses extrémités, et, à cet effet, il est assembléà charnière avec une oreille a qui fait partie de la contre-lame ou du cou-teau fixe C. A l’autre extrémité est suspendue par articulation la bielle enfer forgé D, qui lui imprime un mouvement circulaire alternatif dont l’am-plitude est déterminée parle rayon de la manivelle, ou la distance du pointd’attache b , au centre c de la roue dentée E, à laquelle cette même bielleest reliée par sa partie inférieure. Trois des bras de cette roue sont dis-posés pour recevoir successivement le bouton b, de manière à varier ladistance de ce point au centre , afin de modifier la course du balan-cier.
La roue E est montée à l’extrémité de l’arbre en fer c, en dehors desdeux paliers de fonte d, qui le supportent ; elle est commandée par lepignon droit F, d’un diamètre égal au 1/4 du sien, et rapportée au bout del’arbre moteur e. Celui-ci se prolonge du côté opposé pour porter d’unepart le volant régulateur L, et plus loin, les poulies folle et fixe G, G',pour recevoir le mouvement de la puissance motrice. Cette disposition demouvement rend toute la surface du tablier, et au besoin sa prolongation,entièrement libres afin de pouvoir couper toutes les planches, quelle quesoit d’ailleurs leur longueur.
La feuille de métal /, que l’on veut couper, se place sur une table enfonte H, dont la surface supérieure est horizontale, et au bord de laquelleest fixée la contre-lame C, qui est ajustée à fleur. Cette table, que l’onappelle plus souvent dans les usines tablier , fait corps avec un bâtis defonte boulonné contre trois poteaux en bois de 25 à 32 centimètres d’équar-rissage.
Un buttoir I est rapporté du côté opposé, pour servir de guide au ba-lancier porte-couteau, et pour limiter au besoin la largeur de la partie quel’on veut enlever à la feuille, ou des bandes que l’on doit découper; il est