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PUBLICATION INDUSTRIELLE:
construites, soit chez MM. Derosne et Cail, soit chez M. Lemaitre, soit chezM. Durenne , avec toutes celles qui viennent d'Angleterre, on reconnaîtra que non-seulement elles ne le cèdent en rien sous le rapport de la bonne confection, maisencore qu’elles leur sont parfois supérieures, et que, si on fait abstraction du plushaut prix de la matière première , elles sont faites avec autant, si ce n’est plus,d’économie. Au reste, les ingénieurs anglais qui sont venus en France ont pu s’enconvaincre par eux-mêmes, et plusieurs d’entre eux ont eu la bonne foi de le dé-clarer. Il en est de même des machines locomotives et de beaucoup d’autres appa-reils; aussi nous ne croyons pas qu’on ose aujourd’hui, malgré le peu de nationalitéque l’on rencontre trop souvent chez nous, préférer sous le rapport de la construc-tion, les machines exécutées en Angleterre ou en Ecosse , à celles qui sortent desateliers de nos principaux constructeurs.
L’outillage des ateliers de MM. Derosne et Cail est extrêmement remarquable. Ildépasse dans son genre, bien certainement, tout ce que nous avons pu voir soit enBelgique , soit dans la Grande-Bretagne; et ce que l’on ne peut cesser d’admirer,c’est le bon ordre, la bonne organisation qui régnent dans les ateliers , dans leservice, dans tous les travaux en général.
Mais il faut dire aussi qu’à la tête de cette grande maison, MM. Derosne et Cailont placé un ingénieur plein d’ardeur et de volonté, M. Honel, sorti des Écolesroyales d’arts et métiers, et qui, après s’être formé dans l’établissement, a grandiavec lui, et montré bientôt par son courage, par son intelligence et par son dévoue-ment, ce qu’un homme de cœur et de tête est capable de faire en peu de temps, avecles simples moyens matériels qu’il peut avoir à sa disposition.
Nous devons le déclarer, c’est avec bonheur que nous trouvons l’occasion deparler d’un ancien camarade d’école, qui a montré une énergie et une capacité vrai-ment rares, et que nous ne pouvons qu’admirer et citer comme modèle. Avec uneabnégation qui dépasse réellement toute expression , il s’est dévoué corps et âme,pour la réussite d’une si vaste entreprise, le jour, par son activité , en faisant exé-cuter, et la nuit, par ses veilles, en étudiant les projets.
M. Houel a compris , plus que personne , que pour parvenir à faire bien et vite ,en construction de machines , il fallait non-seulement étudier avec soin les dessinsd’ensemble, mais encore exécuter tous les tracés de détails. Aussi, aucun organe ,aucune pièce, quelque simple qu’elle soit, n’est donnée aux contre-maîtres desmodeleurs, des forgerons ou des ajusteurs, qu’après avoir été dessinée sous toutesses faces , avec les indications et les notes nécessaires pour que son exécution soittout ce qu’elle doit être , sans tâtonnement, sans erreur; et comme il tient avanttout à ce qu’on se rende parfaitement compte de toutes les parties, même les plussimples, un seul tracé ne sort jamais de l’atelier de dessins sans qu’il l’ait examiné,et sans qu’il en ait discuté tous les éléments.
Il a su, à cet effet, former un personnel de dessinateurs qui le comprennent etle secondent activement ; ce sont, pour la plupart, des anciens élèves des écolesd’arts et métiers , qui travaillent aussi avec zèle et intelligence.