PUBLICATION INDUSTRIELLE. 201
l’on est alors forcé de s’adresser, pour faire ces réparations, à des hommes dumétier.
Avec la nouvelle disposition proposée par MM. Hacquet et Gibert, on évite cedouble désavantage en ce que le ressort se compose, dans tous les cas, d’une simplelame d’acier, sur laquelle réagit un levier d’une forme et d’une dimension variables,système d’autant plus avantageux, suivant les inventeurs, qu’il peut s’appliqueraux véhicules les plus pesants comme à ceux les plus légers, les plus délicats, enproportionnant toujours la force et les dimensions du levier à la charge à supporter.
Ce système consiste en un simple morceau d’acier ou de lame mince d’une cer-taine largeur et de peu de longueur, qui, par son milieu , repose dans une chapeet reçoit, à ses extrémités, deux leviers en fer forgé.
Ce sont ces leviers, que l’on prolonge d’une quantité convenable, qui supportenttoute la charge de la caisse de la voiture ; rapprochés très-près l’un de l’autre,comme s’ils devaient n’en former qu’un seul, ils sont susceptibles de se mouvoirou d’osciller sur leurs axes qui les relient avec la chape. Ils s’appuient nécessarrement sur les deux bouts de la lame que l’on arrondit au besoin, ou que l’onmunit de petits rouleaux, afin de faciliter le glissement sans produire d’usuresensible sur la surface de contact des leviers. Ceux-ci peuvent aussi être disposésavec des rouleaux ou petits cylindres aciérés, qui doivent tourner librement sureux-mêmes ou sur leurs axes.
C’est à l’extrémité de chaque levier que repose la charge de la caisse, c’estalors par cette extrémité qu’ils doivent jouer le plus; ce qui a lieu, en effet,lorsque l’appareil est en activité ; ils font fléchir la lame d’une quantité qui estnécessairement moindre, dans un rapport proportionné à celui qui existe entre lamoitié de la longueur de cette lame et la longueur des leviers. Ainsi, pour un jeude 15 millimètres, par exemple, qui se produirait à l’extrémité de ceux-ci, lesbouts du ressort ne fléchiraient évidemment que de 5 millimètres, si le supportentre sa demi-longueur et le bras des leviers était comme 1 à 3 ou le 1/3.
Les deux leviers étant en fer corroyé, et composant la partie la plus importantedu système, on comprend qu’il devienne ainsi d’une construction très-économique,puisque ce qui est en acier se réduit à une simple lame très-courte, qui fatigued’autant moins, qu’elle est beaucoup plus petite que les leviers, et que son jeu enest, par suite, considérablement restreint. On peut même diminuer la longueur dece ressort de près d’un tiers , et produire le même effet, parce que , tout en per-mettant autant de mobilité aux leviers , il a lui-même moins besoin de jouer.
M. Gibert qui a monté , comme nous l’avons annoncé dans notre quatrième vo-lume, un établissement important à La Villette , pour la fabrication spéciale desressorts de voitures, s’occupe de faire en ce moment l’application d’un tel systèmesur un wagon de chemin de fer ; nous en ferons connaître les résultats.