PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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On comprend que ce nombre est bien plus considérable que celui que don-nerait le peigneur à la main , et doit par conséquent bien suffire à opérerle peignage.
Mais ce n’est encore que la moitié de la poignée de lin qui est ainsi tra-vaillée, il faut en faire autant pour la seconde moitié ; à cet effet, on a dûremarquer, soit par la description qui précède, soit par le tracé même, queles pinces, arrivées à l’extrémité de droite du tambour par le transport suc-cessif dont nous avons parlé, à l’aide des petites roues dentées et de la cré-maillère, peuvent être décrochées, afin de permettre de les ouvrir pourretirer les poignées de lin, puis les y remettre en les retournant, et de re-placer ensuite ces mêmes pinces ainsi chargées, après les avoir serrées, surle second plan ou le derrière du chariot, d’ou elles sont ramenées succes-sivement par la chaîne à longs maillons C' jusque sur le devant. On com-prend que dans tout le trajet qu’elles parcourent sur le second plan, cespinces n’ont pas besoin de pivoter sur elles-mêmes , puisqu’elles ne tra-vaillent réellement pas, aussi les constructeurs n’ont pas rapporté de cecôté une crémaillère comme sur le devant.
Puisqu’il y a six pinces sur la longueur du chariot, et que chacune change20 fois de place par minute, on trouve que trois demi-poignées et un tierssont peignées par minute
soit 10 demi-poignées toutes les 3 minutes,ou, en n’ayant pas égard aux pertes de temps,
10 poignées entières en 6 minutes60
et, par conséquent, 10x -g- =100 poignées par heure.
Ces poignées représentent nécessairement des quantités de lin qui, enpoids, doivent être quelque peu variables, suivant ses qualités, sa nature,suivant qu’il est dans toute sa longueur, ou coupé en deux, comme on lefait dans de certaines Glatures (1). MM. Lacroix estiment qu’en moyennecette machine peigne 500 kilogr. par journée de 12 heures, en employantquatre ou cinq enfants pour le service des pinces, qui sont ici disposées demanière à n’avoir qu’un seul boulon et son écrou à serrer ou à desserrer,ce qui permet de les garnir et de les dégarnir avec une célérité très-grande.
(4) Celte machine est brevetée en France , au nom de M. Busk, depuis le 34 janvier 4836.
Postérieurement, mais dans la même année, le 43 juin , il a été pris un autre brevet par M. Car-michaël, pour des perfectionnements dans le mécanisme destiné à peigner le lin et le chanvre.
Dans bien des filatures mécaniques, on coupe les lins à long brin en trois parties égales, et nonen deux; mais ces parties devenant trop petites, ne peuvent plus être peignées à une telle machineavec avantage. On sait que les lins, ainsi coupés en trois, permettent d’obtenir à la filature des numé-ros plus fins, en moyenne, qu’on ne pourrait le faire en les laissant de toute leur longueur.