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Tome sixième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

A lappui de ce raisonnement, nous avons fait une expérience fort simple, dontvoici le résultat :

Un tube en verre B C (fig. b), dun mètre environ de hauteur, est terminé à sonextrémité supérieure, en forme dentonnoir, dans lequel sajuste un bouchon co-nique R, percé dun petit trou.

En appuyant le doigt sur lextrémité inférieure, et en soulevant le bouchon, onremplit le tube de mercure, que lon verse par lentonnoir, jusquà ce que celui-cisoit aussi rempli ; puis on place le bouchon R, et on introduit lextrémité inférieuredu tube dans un bain de mercure ; après quoi on retire le doigt. On a ainsi unvéritable tube barométique, et si le mercure était bien purgé dair et dhumidité, lapression atmosphérique maintiendrait une colonne dune hauteur denviron 0 m 70(celle dune colonne barométrique).

Dans lexpérience dont il sagit, le baromètre marquait 0 in 75, et le mercure nesest élevé dans le tube quà la hauteur de 0 m 64. La partie supérieure A R renfer-mait donc de la vapeur deau et de lair raréfié.

Louverture pratiquée dans le bouchon R, laissait couler un filet de mercure, quitraversait la chambre barométrique, et faisait osciller légèrement le niveau supé-rieur de la colonne, autour du point A, sans changer dune manière sensible lahauteur de cette colonne.

Nous concluons que, dans lespèce de turbine qui nous occupe, le récepteur nepeut être placé utilement, pour les grandes chutes dépassant 10 nl 50, quà la hau-teur à laquelle on place ordinairement les pompes aspirantes; cest-à-dire quil nefaut pas sexposer à laisser se former un vide au-dessous du récepteur.

Cest, du reste, un cas très-rare, auquel on applique les turbines, et pour toutesles chutes les plus usitées dans lindustrie, on pourra toujours poser la roue très-près du niveau damont : ce qui présente dimmenses avantages en construction.

Terminons cet article par un extrait du rapport fait à lAcadémie desSciences , par M. Morin.

Cette turbine a été introduite dans les ateliers de construction deMM. A. Kœchlinet compagnie par feu M. Jonval, qui avait pris, le 27 octobre 1841, un brevet com-prenant trois moteurs de ce genre, disposés sur un même canal ou tuyau de circu-lation, et destinés à fonctionner ensemble ou séparément selon labondance deseaux. Lun deux, à axe horizontal, était à la partie supérieure ; le deuxième, à axevertical, vers le milieu de la chute, et le troisième, à axe horizontal, dans le bas. En1843, Jonval céda les droits que lui assurait son brevet, à MM. A Kœchlin. Dansles ateliers de ces habiles constructeurs, et à laide de leur expérience, la turbineproposée par Jonval reçut des perfectionnements notables. Sur les trois dispositionsindiquées par lauteur, on admit, à peu près exclusivement dabord, celle qui placela roue entre les deux niveaux supérieur et inférieur ; mais récemment, dans lavallée de Munster , pour une chute de 18 mètres environ, on a établi deux turbinesde 0 m 20 de diamètre montées sur le même arbre horizontal à droite et à gauchedu tuyau vertical darrivée, et qui se partagent un volume deau denviron 50 litresen 1 seconde. Cette division de la force motrice diminue considérablement la pres-sion sur le pivot de larbre, qui fait quinze à seize cents tours en 1 minute, et con-duit cinquante-quatre métiers à tisser sans préparation, ce qui peut exiger une forcede huit à neuf chevaux.

« Le récepteur hydraulique qui nous occupe se compose dun tuyau vertical qui