324
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
quent, travaillent avec des meules moins rapprochées, comme celles de laplus grande partie de la Bourgogne, du Lyonnais , et de plusieurs autrescontrées, on fait moudre 24 à 25 hectolitres de blé par paire de meuleset par 24 heures, et souvent môme plus ; le travail est donc beaucoupplus considérable, mais c’est évidemment aux dépens de la qualité desfarines ; on fait alors, presque toujours, plus de rondes ou de secondes quede premières.
La force employée par chaque paire de meules est nécessairement plusgrande, cependant elle n’augmente pas proportionnellement à la quantitéde produits. En effet, d’après les expériences que nous avons citées dansnotre premier volume, on a vu que l’on moud , dans le second cas, 25 à26 kilogrammes de blé avec la force utile d’un cheval de 75 kilogrammètres,tandis que dans le premier cas on ne moud pas plus de 20 à 22. Il y a doncun avantage réel sous ce rapport, et on peut dire, sans crainte d’erreursensible, qu’avec la puissance de 4 chevaux on pourra moudre ( suivant legenre de mouture adopté à Dijon, à Lyon , et ailleurs), 100 à 104 kilo-grammes de blé par heure, lorsque dans les environs de Paris , avec cettemême puissance on ne produit que 80 à 88 kilogrammes.
Dans les moulins destinés à la guerre, les moutures étant, comme nousl’avons dit, beaucoup plus grossières, et, par conséquent, les meules tra-vaillant moins rapprochées, la dépense de force est encore proportionnel-lement moindre, d’autant plus que les appareils de nettoyage et de blutagesont extrêmement restreints, aussi on peut estimer que le travail est biende 28 à 30 kilogrammes de blé moulu par heure et par cheval. En effet,d’après des expériences suivies, faites à la manutention des vivres de Paris ,nous avons constaté qu’avec une machine à vapeur de la force de 24 à 25chevaux, faisant marcher habituellement 7 paires de meules de l m 30, on amoulu 17,374 kilogrammes de blé en 24 heures; ce travail correspond àla puissance de 3 chevaux et demi et à 103 k 4 de blé moulu par paire demeules, soit à 29 k 5 par cheval et par heure.
On peut donc conclure des résultats qui précèdent :
1° Qu’avec la force utile et réelle de 1 cheval (ou 75 kilogrammètres parseconde), on doit moudre au minimum 20 kilog. de blé, et au maximum30 kilog. par heure;
2° Que la quantité minimum s’applique aux moulins qui travaillent pourle commerce, et particulièrement pour la capitale, en extrayant des farinesde première qualité le plus possible ;
3° Que la quantité moyenne (ou 25 à 26 kilog. par heure) est le résultatproduit par des moulins qui travaillent également pour le commerce, maisen faisant beaucoup de farines rondes, comme celles livrées à la consom-mation de Lyon et d’autres contrées ;
4° Enfin que la quantité maximum correspond aux produits des moulinsqui ne font que des moutures grossières, et dans lesquels les appareils denettoyage et de blutage sont très-simples.