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Tome sixième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

On conçoit que, daprès ces conclusions, nous ayons pu établir la tableprécédente qui, à première vue, donne, dune part, la quantitéde blé quelon peut moudre avec une force utile, connue, et de plus, le nombreapproximatif de paires de meules que lon doit adopter lorsquon veutmonter une minoterie sur une puissance déterminée.

11 est facile de voir par cette table que le nombre de paires de meulesvarie suivant les trois cas mentionnés plus haut; nous croyons quelle estsuffisante pour servir de guide dans la construction des moulins, quel quesoit le genre de moteur que lon adopte.

Nous devons le dire, cest plutôt sur de telles données quil importe defixer la quantité de meules, lorsquon est appelé à remplacer un vieuxmoulin par un nouveau, que sur ce qui existait antérieurement ; car il nya généralement aucun rapport entre le travail dune ancienne paire demeules à la française de l m 80 à 2" 10 de diamètre, et celle dune paire demeules à langlaise. En effet, nous avons vu monter dans telle localité, danstelle usine qui navait que deux paires danciennes meules de 2 mètres,trois ou quatre paires de petites meules de l m 30, et dans telle autre jusquàsix, huit et dix paires.

Ces différences notables existent pour plusieurs raisons : ainsi on com-prend que si le moteur appliqué à un vieux moulin est mal établi, maldisposé, il utilise peu la force disponible, et nest capable que de faire untravail beaucoup inférieur à celui quil devrait réellement produire. Dunautre côté, les grandes meules à la française, à larges éveillures mais sansrayon, peuvent moudre beaucoup ou peu à volonté, et, dailleurs, le tra-vail est généralement plus grossier. Nous pensons, en fait, que la quan-tité de blé moulu par une paire de grandes meules, dans un temps donné,est presque toujours au moins double de celle dune paire de petitesmeules.

Nous croyons devoir encore, à ce sujet, faire une observation qui paraîtrade quelque importance, du moins auprès de certaines personnes. Dansplusieurs localités, sans adopter dune manière complète le système anglais ,on a monté des moulins sur un système mixte, cest-à-dire quon a perfec-tionné les mouvements, le mode de mouture, et surtout le moteur hydrau-lique : de tels moulins produisant un travail assez avantageux, nous dironsmême produisant plus, avec une force motrice donnée, quon na pu leurfaire produire plus tard, en les mettant entièrement à langlaise, on a étésurpris et on sest même, quelquefois, plaint près du constructeur dobtenirmoins après quavant leur établissement.

Il faut bien le reconnaître, lorsquon améliore un moulin français , cest-à-dire lorsqu'on lui applique une bonne roue hydraulique et une bonnecommunication de mouvement, tout en conservant les grandes meules etavec peu daccessoires, comme il est, après tout, dans son ensemble, sen-siblement moins compliqué que le moulin anglais qui viendrait le rem-placer ou qui serait établi avec la même force disponible, il doit produire