PUBLICATION INDUSTRIELLE.
47
n’évite pas de retoucher au rabot, après le sciage, chacune des faces dutenon, qui doit être exactement ajusté dans les cabinets de l’engrenage.
Dans quelques établissements , on a bien aussi disposé des scies circu-laires pour débiter ces tenons avec plus de célérité. Ces scies, d’un avan-tage incontestable, dans un grand nombre de circonstances, laissent pour-tant, quant à cette application, quelque chose à désirer (celles du moinsque nous avons eu l’occasion de voir) ; elles ne permettent pas d’obtenirles faces des tenons avec une exactitude suffisante. On conçoit, du reste,qu’il doit être difficile, avec une scie circulaire, de faire la queue d’unedent d’engrenage conique, par exemple, dans laquelle il faut que les facessoient à la fois inclinées dans deux directions différentes.
Avec la machine de M. Cartier, on peut, sans difficulté, former lestenons en leur donnant la pente et l’épaisseur convenables.
Le principe de cette machine consiste :
1° Dans l’application d’un porte-lames fixé à la partie inférieure del’arbre vertical d’une machine à percer à mouvement continu ;
2° Dans la disposition d’un chariot mobile portant les plateaux en boisdestinés à la confection des dents.
Il sera facile de comprendre cette nouvelle et ingénieuse disposition àl’aide du dessin, planche 4', et de la description suivante.
APPLICATION DU PORTE-LAMESA l’arbre vertical d’une machine a percer.
On sait que le bois (1), destiné à la confection des dents des engrenages,est débité, par avance, en plateaux de la dimension voulue pour la prépa-ration de deux dents ; ces plateaux ne sont séparés en deux parties, parleur milieu, que lorsque les queues sont faites. Ainsi, sur chaque plateau,on a quatre portions de surface à raboter, pour former les côtés plats destenons, et quatre portions plus petites pour les champs.
L’outil employé par M. Cartier, pour opérer ce rabotage successif dechacun des côtés des tenons, est une lame en acier a cintrée vers le tran-chant (voy. fig. 4 et 5, pl. 4); cette lame est ajustée dans un cylindre enfer très-court A, où elle est retenue par une clavette qui la presse en des-sus, et par une vis de pression qui la serre sur le côté. La forme cintréedonnée à la lame est très-essentielle dans le travail ; on conçoit en effetque, pour qu’elle puisse couper le bois sans le déchirer, il faut que l’élé-ment tranchant se trouve, autant que possible, dans la direction du copeau
(1) On emploie plus généralement le charme ou le cormier pour la confection des dentsdes engrenages ; il importe que le bois soit très-sec et bien dur, et pour cela il est essentielqu’il ait été débité depuis plusieurs années, et renfermé dans des lieux bien sains.