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Tome premier.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

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maintenue ; il faut aussi qu’elle soit soumise successivement à l’action dedifférents peignes dont les aiguilles varient de grosseur et d’écartement ;puisque l’objet de ces aiguilles est d’opérer la division du lin, elles ne pro-duisent un bon effet que dans l’instant où elles s’enfoncent dans la mèche,elles doivent donc en sortir presque aussitôt. Cette disposition, qui est de laplus grande importance pour obtenir un bon peignage, ne paraît pas avoirété suffisamment observée par les mécaniciens qui se sont occupés de cesmachines, et nous croyons pouvoir affirmer que celle de M. de Girard estla seule qui remplisse exactement cette condition.

Dans toutes les autres machines, les aiguilles se promènent sur unegrande partie de la longueur des mèches, inconvénient d’autant plus gravequ’on ne fait, par cela même, qu’augmenter inutilement les déchets.Quoique aujourd’hui on sache bien employer les étoupes que l’on filepresque aussi bien que le lin, il n’en est pas moins évident qu’elles nepeuvent donner des résultats aussi beaux, elles exigent d’ailleurs plus detravail, et donnent elles-mêmes des déchets plus ou moins considérablestout à fait en pure perte.

La peigneuse de M. de Girard se compose de peignes détachés, montéssur des branches parallèles et opposées qui reçoivent, à l’aide de manivelles,un mouvement de rotation continu. Par ce mouvement, les aiguilles despeignes opposés se croisent, s’éloignent et se rapprochent alternativement,et, par cela même, pénètrent des deux côtés à la fois dans les mèches sou-mises à leur action. Ces dernières , pincées entre les mâchoires en bois,s’avancent graduellement pour se présenter successivement aux différentspeignes, dont les aiguilles sont plus ou moins fines et en nombre plus oumoins grand. On conçoit aisément que de ce que chaque peigne décrit unmouvement circulaire, les aiguilles ne font que s’enfoncer dans la mècheet en sortent presque aussitôt, elles ne s’y promènent pas ; par conséquentelles divisent le lin, en détachant bien les étoupes sans peine, sans embar-ras. Ces étoupes sont amenées, au fur et à mesure qu’elles tombent, pardes cylindres conducteurs, sur un grand tambour en bois couvert d’un drap,ayant un mouvement de rotation très-lent, et d’où elles sont ensuite enle-vées par un enfant chargé de ce soin.

Ainsi, en résumé, les parties principales qui constituent la machine àpeigner de M. de Girard consistent :

1° Dans des mâchoires, ou pinces, entre lesquelles on serre les mèches delin qui doivent être soumises à l’action des peignes, les mâchoires ayant unmouvement de translation très-lent ;

2° Dans des peignes détachés, ayant un mouvement de rotation continuet attaquant la mèche des deux côtés à la fois, sans se promener sur toutela longueur;