PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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permet de varier les peignes autant qu’il est nécessaire ; mais il faut évi-demment que l’intelligence de l’ouvrier ou du contre-maître chargé de ladiriger, vienne en aide ; c’est à lui de distinguer ses lins, pour les travaillersuivant leur degré de finesse ou de grosseur, de dureté ou de mollesse,suivant même leur degré de propreté, suivant enfin qu’ils auront été plusou moins bien rouis et teillés ; et comme les variations de lin sont extrê-mement nombreuses, on conçoit qu’il faut un homme bien exercé dans cegenre de travail. Il serait donc extrêmement difficile de poser des règlesà cet égard.
Ainsi, un lin propre et moelleux, par exemple, pourra être parfaite-ment divisé avec des peignes dont les dents seraient écartées, et le pei-gnage obtenu pourra devenir très-beau. Mais si du lin de même qualité aété mal brisé après le rouissage, s’il renferme des pailles qui soientcollées, pour ainsi dire, aux filaments, il est évident que, si on le passedans les mêmes peignes que le lin précédent, le peignage sera loin d’êtrele même; à peine paraîtra-t-il avoir été fait. Il faut changer complète-ment les numéros des peignes, en mettre de très-serrés, et ralentir lamarche des pinces.
Laissons parler sur ce sujet M. Coquelin , auteur d’un Essai sur la fila-ture mécanique du lin et du chanvre , ouvrage rédigé avec talent, et danslequel l’auteur, en faisant l’historique de cette importante industrie,explique avec clarté les diverses opérations qu’exige un système completde filature de fin ; nous sommes bien aise de citer littéralement ses obser-vations à l’appui de la description précédente :
« Supposons, dit M. Coquelin , un lin d’une qualité moyenne, deman-dant un peignage ordinaire, ni trop gros , ni trop fin ; voici comment lespeignes pourront être disposés :
« Première branche supérieure de chaque côté :
« Au point où le lin entre dans la machine, deux rangs d’aiguillesmoyennement serrés; un peu plus loin deux rangs serrés; encore plusloin trois rangs; enfin, à l’extrémité de la branche, au point où le lin sortde la machine, cinq ou six rangs.
« Deuxième branche supérieure :
« Deux rangs clairs, puis deux rangs serrés, et enfin trois rangs.
« Troisième branche :
« Deux rangs clairs, puis deux rangs serrés.
« Sur toutes les autres branches, deux rangs clairs dans toute lalongueur.
« Cette disposition, comme on le pense bien, n’a rien d’absolu. Elle doitvarier selon les espèces de lin que l’on emploie ; quelquefois les peignessupérieurs ont bien moins de six rangs, et quelquefois ils en ont jusqu’à