PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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« 2° Les grosses étoupes du tambour ;
« 3° Les fines étoupes du tambour ;
« 4° Enfin, celles qui proviennent du dernier travail à la main, pour finirles mèches.
« Dans les grandes filatures, on fera bien de travailler ces quatre espècesséparément. Dans les petites, où il faudrait attendre peut-être trop long-temps pour avoir de chaque espèce une quantité suffisante pour nourrirles machines, on pourra, si l’on veut, réunir les deux dernières en une. Aubesoin on pourra même réunir les trois dernières ; mais en aucun cas, sil’on veut tirer un parti convenable des étoupes, on ne mêlera les mauvaisbouts avec le reste. »
Nous n’ajouterons plus à cette description que quelques observationsdéduites des documents mêmes qui nous sont transmis par notre amiM. Colin.
Lorsque le peignage est bon, les mèches de lin ne doivent pas être ter-minées en pointe ; il faut que chaque mèche paraisse être à peu près d’égalelargeur en bas comme en haut.
Les lins faibles sont ordinairement pointus après l’opération du pei-gnage, parce qu’ils n’ont pas assez de résistance pour supporter l’action despeignes : ceux-ci les arrachent. Cela arrive d’ailleurs non-seulement pourles lins fins, mais encore pour les lins gros et mal rouis.
Quelle que soit la longueur des lins, la disposition des peignes n’en estpas sensiblement changée pour cela, seulement ceux du bas n’opèrent pas,quand les lins sont courts ; ils ne servent alors qu’à faire descendre lesétoupes et à les conduire aux cylindres étireurs.
Il est bon cependant de faire en sorte, dans ce cas, que les aiguilles despeignes suivent une progression plus rapide de grosseur et d’écartement.
Il importe aussi, quand le peigneur arrange les mèches de lin, qu’ilcommence par enfermer la racine entre les pinces, et la serrer ainsi: il estaisé de concevoir, en effet, que le lin doit être peigné dans le sens où sesfilaments tendent à s’arracher, pour que la division s’en fasse avec beau-coup plus de facilité ; autrement, non-seulement l’opération du peignageserait plus difficile, mais encore le rendement serait plus faible et lesdéchets plus considérables.
Dans une manufacture un peu importante on compte généralement :trois machines à peigner le lin, nécessaires pour un assortiment de millebroches, du prix de 2,000 fr. chacune; plus une peigneuse-fournisseuse,qui est extrêmement simple de construction, et qui ne revient générale-ment qu’à 1,000 fr. prise chez les constructeurs.