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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
NOTICE HISTORIQUE SUR LES MACHINES A PEIGNER
LE LIN ET LE CHANVRE.
Nous ne pouvons mieux faire, pour commencer cette notice, que derapporter encore ici quelques passages de la description que donne M. Cli.Coquelin dans son Essai sur la Filature mécanique du lin et du chanvre.
« L’un des principes essentiels de la machine dont il est ici question,c’est quelle agit sur le lin des deux côtés à la fois ; tandis que toutes lesautres peigneuses usitées ou imaginées en Angleterre n’agissent que d’unseul côté, ce qui oblige à recommencer l’opération de l’autre, sans compterque cela ne produit jamais qu’un peignage imparfait. Dès longtemps M. deGirard avait eu l’heureuse idée de ce peignage double. En 1817, parut enFrance le dessin d’une machine de son invention, où cette idée recevaitune première application. Le bâtis était à peu près le même que celui dela machine actuelle ; mais, au lieu que les lignes de peignes sont aujourd’huiconduites par des branches détachées, qui atteignent le lin par un mouve-ment circulaire, elles étaient alors fixées sur des cuirs sans fin (1), mar-chant parallèlement à eux-mômes, de manière que des deux côtés lespeignes sillonnaient la mèche depuis le haut jusqu’au bas. Il y avait à celadeux inconvénients graves, sans parler des autres : d’abord, que les mêmespeignes agissaient sur le milieu et le bas de la mèche, tandis que ces deuxparties doivent être traitées différemment ; ensuite, en ce que les peignes,parcourant le lin dans sa longueur, y produisaient sans fruit un décheténorme. Il est bon de remarquer, à ce propos, que ce sont les pointes despeignes qui divisent le lin, et que cette division est le véritable objet dupeignage.
« Une fois donc que les pointes ont produit leur effet, il faut que lespeignes se retirent, et de là l’utilité d’un mouvement circulaire. Mais,comme dans cette première machine de M. de Girard, les peignes, une foisengagés dans le haut de la mèche, ne se retiraient que dans le bas aprèsl’avoir sillonnée tout entière , ils la déchiraient sans la diviser, l’inconvé-nient était d’autant plus grave que la mèche, étant prise des deux côtés,n’était pas libre. Attaquée seulement d’un côté, elle aurait encore pu s’écar-ter de temps en temps ou flotter sur les pointes, comme cela se voit dansquelques machines anglaises, au lieu que, serrée comme elle l’était entredeux cuirs parallèles, elle restait invariablement enfoncée dans les peignes,et le mal en était aggravé d’autant. Ainsi labouré, déchiré, mis en pièces,le lin s’en allait en étoupes , et ce qui restait ne présentait qu’une pointe
(1) M. Coquelin aurait dû dire que les peignes étaient réunis par des charnières en fertrès-solides, marchant sur des engrenages.