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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
« L’autre changement, qui consiste à donner à toutes les branches unelongueur égale, tient à concevoir le peignage d’une manière tout à fait dif-férente de celle de M. de Girard. La machine actuelle laisse, il est vrai,dans le bas de la mèche, non pas des boutons mais des étoupes : en d’autrestermes, elle ne débarrasse pas entièrement les bouts; M. de Girard s’enplaint : il croit apercevoir là un inconvénient grave, et c’est pour y remé-dier qu’il avait allongé les peignes inférieurs. La Société d’Encouragement,je le sais, a partagé son opinion , et s’est récriée comme lui sur cette pré-tendue imperfection. Les fabricants anglais en ont pensé tout autrement,et s’ils se sont plaints de quelque chose, c’est que la machine ne laissâtpas assez d’étoupes dans les bouts. En effet, tout ce qu’on peut, tout cequ’on doit demander à une machine, c’est de peigner à fond le milieu desmèches; les bouts, si je peux m’exprimer ainsi, ne la regardent pas. Onne peut, on ne doit pas prétendre peigner une mèche de lin tout d’untemps et en une seule fois. En cela, comme en bien d’autres choses, ilfaut prendre pour exemple les bons peigneurs à la main, qui s’y prennenttoujours à trois fois, dégageant d’abord les bouts des mèches , puis pei-gnant le milieu, et enfin, dans une troisième opération, enlevant les étoupesqu’ils ont rejetées dans les bouts. Le peignage du milieu est l’opération laplus difficile et la plus importante ; c’est celle qui, dans le peignage méca-nique , revient à la machine; quand cette opération est exécutée, sa tâcheest remplie: lui demander autre chose, ce n’est pas achever le travail,c’est le gâter.
« Dans le bas de sa peigneuse, immédiatement au-dessous des branchesinférieures, M. de Girard avait établi deux cylindres, placés horizontale-ment dans la direction des branches, et qui avaient pour objet d’entrainerles étoupes à mesure qu’elles tomberaient en se détachant des peignes. Ausortir de ces cylindres , les étoupes devaient se coucher sur un tambourplacé au-dessous d’eux et recouvert d’un drap, sur lequel les brins devaientnaturellement s’attacher. Mais les étoupes , au lieu d’être entraînées parles cylindres, s’arrêtaient, s’amassaient et s’enroulaient sur les branchesinférieures; de là l’inconvénient grave d’étre obligé de suspendre le tra-vail à tout instant pour dégager les branches, ou, si l’on négligeait de lesuspendre à temps, le danger plus grave encore de casser les branches etde mettre en pièces toute la machine.
« En réglant d’une manière convenable le mouvement des cylindres,M. Decoster a remédié à ces désordres. Il en a fait autant pour le tambouroù il a fait disparaître des inconvénients d’un autre genre, qu’il serait troplong de rappeler. Je pourrais ajouter qu’il a changé les dimensions descylindres, autre amélioration qui n’est pas non plus sans intérêt : mais jen’ai pas dessein d’épuiser cette matière, et ce que je viens de dire suffit