82 PUBLICATION INDUSTRIELLE.
rotation, s'élève et s’abaisse alternativement pour laisser passer les
peignes;
« 3° En trois mordaches en fer pour tenir les mèches de lin.
« Pour exécuter le peignage, chaque mèche de lin est d’abord serréedans une mordache; celle-ci est posée sur le balancier vis-à-vis les pre-miers peignes grossiers; elle y reste pendant environ vingt tours deprisme, et reçoit, par conséquent, quatre-vingts coups de peigne. Par cettepremière opération, la moitié de la mèche se trouve peignée en gros d’uncôté ; on la retourne, et après vingt tours, cette moitié se trouve peignéeen gros complètement; alors on la reprend, on la porte sur la secondesérie de peignes, où elle est de nouveau peignée des deux côtés, et enfinelle est portée sur la troisième série.
« Ainsi, la mèche est reprise six fois par l’ouvrier avant d’être finie.
« Dans mon système, au contraire, la mèche étant placée dans la mor-dache, celle-ci est suspendue sur une règle polie, en dehors de la machine ;dès lors l’ouvrier n’a plus à s’en occuper. La mèche s’avance d’elle-mêmele long de la machine; là, elle est travaillée des deux côtés à la fois parquatre doubles séries de peignes, telles que nous les avons ci-dessusdécrites, ou huit séries simples : démêlée d’abord à la pointe, puis, peu àpeu, jusqu’à son milieu, elle va sortir toute peignée à l’autre extrémité dela machine, où l’ouvrier n’a qu’à la recevoir. Ainsi, chaque mèche n’estprise par l’ouvrier qu’une seule fois au lieu de six.
« Une seconde invention importante , qu’on peut, à la vérité, considé-rer comme dérivant de la première, est celle de fournir immédiatementl’étoupe en nappes continues, et divisées en autant de qualités ou degrésde finesse qu’on le désire.
« Dans les machines anglaises, aussitôt qu’une partie du lin a été déchiréeet réduite en étoupe par l’action des peignes , cette partie est emportéepar le peigne le long de la mèche; d’où il résulte que l’étoupe se com-prime entre les dents des peignes et y forme une masse compacte;on ne peut enlever cette étoupe qu’en arrêtant de temps en temps lamachine.
« Dans mon système, au contraire , les étoupes, à mesure qu’elles seforment, sont poussées peu à peu vers le bas par les coups de peignessuccessifs, et sortent en nappe continue, légère, et dans laquelle l’étoupeest presque aussi ouverte qu’elle l’est dans l’ancienne méthode anglaiseaprès un premier cardage.
«Cette propriété, de se dégager d’elle-même des étoupes, et de lesfournir en nappes légères, est un des avantages importants de ma ma-chine.
« Les mordaches, ou pinces à lin, et la manière d’y assujétir les