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débourser des sommes énormes, et qui augmentent considérablement lesfrais d’établissement.
Pour se décider à établir de ces appareils, il fallait nécessairement degrands capitaux, et, par-dessus tout, il fallait être certain que l’on auraitdes travaux importants et continuels pour arriver, comme en Angleterre,à réaliser des bénéfices.
Ce n’est évidemment pas lorsqu’il construit une machine, un appareilquelconque pour une première fois, qu’un mécanicien peut espérer quelquegain ; il se trouve heureux quand ses débours seulement sont payés, parcequ’il y a eu des frais de dessin , de modèles, qui souvent absorbent plus quela différence du prix de revient de l’appareil au prix de vente. Ajoutons àcela qu’il a plus de peines, plus d’études à faire que lorsqu’il construit cettemême machine une deuxième ou troisième fois; à plus forte raison pourles grands appareils appliqués aux bâtiments à vapeur de l’état : non-seu-lement les frais de modèles, de tracés de toutes sortes sont très-considé-rables, mais encore les outils nécessaires pour travailler les pièces les plusimportantes ( comme l’alésage des cylindres à vapeur, le corroyage desbielles, des manivelles ou des arbres, le tournage, le rabotage intérieur etextérieur de ces mêmes pièces, etc. ) doivent être évidemment d’une plusforte dimension que pour la confection d’appareils bien inférieurs en puis-sance ; ajoutons encore que dans les grands établissements les frais géné-raux sont beaucoup plus élevés. Il ne faut pas alors que les constructeurs,qui se mettent en mesure d’exécuter de ces machines puissantes, soientdans l’incertitude de savoir s’ils n’auront qu’un ou deux appareils seule-ment à établir; il faut qu’ils aient l’espérance que s’ils exécutent bien lepremier ils auront la commande de plusieurs autres.
La quantité d’outils nécessaires à un atelier de construction est certaine-ment considérable, lors même qu’il ne s’occuperait que d’une spécialité, àplus forte raison lorsqu’il cherche à entreprendre la construction de toutessortes de machines, à cause du grand nombre d’opérations différentes àfaire pour arriver à la confection de toutes les pièces, parce que chacun deces outils ne peut, en général, faire que deux ou trois de ces opérations.Toutefois, il y a de certains outils dont l’application est générale, c’est-à-dire qui peuvent être employés aussi bien par le constructeur de métiers defilature que par celui de machines à vapeur ou de moulins à blé, et il estaussi indispensable pour l’un comme pour l’autre d'avoir des tours à engre-nages, à plateau, ou parallèles, des supports à chariot, des machinesà percer,à raboter, à faire des rainures, à tarauder, etc., parce qu’ils ont égalementbesoin d’employer des pièces dressées intérieurement ou extérieurement,parce qu’ils ont toujours des poulies, des engrenages à tourner, à aléser ouà rainer, des boulons et des écrous à tarauder. Seulement ces divers outils