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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
le travail, la lame d’ailleurs ne dépassant de chaque côté que de 2 milli-mètres à peine, l’espace libre étant par cela même très-resserré, le déga-gement des copeaux se serait fait difficilement et on n’aurait pas pu obte-nir un alésage parfait.
Cet arbre n’a donc pas été alésé sur le tour parallèle ; après avoir ététourné, ou plutôt dégrossi extérieurement, on l’a placé contre la pointe dela poupée fixe d’un tour ordinaire et maintenu vers l’autre extrémité parune lunette, qui le dirigeait exactement dans la ligne d’axe du tour, puison l'a percé par un foret à lame d’aspic, en acier fondu trempé, que l’onpoussait très-lentement à l’aide de la vis de la contre-poupée, à mesureque l’arbre tournait. Parvenu à une certaine profondeur, on était obligé dechasser dans l’intérieur du trou, de l’eau de savon, au moyen d’une pe-tite seringue. On a dû prendre les précautions nécessaires pour que leforet, l’arbre à percer, et les pointes des poupées se trouvent exactementdans une même ligne, pour qu’il y ait le moins de dérangement possibledans la direction du trou ; toutefois, on ne pouvait pas évidemment obtenirune grande exactitude : aussi eut-on le soin de ne percer le premier trouqu’à un diamètre de 2i à 25 millimètres. Mais on le traversa ensuite parune mèche demi-ronde , qui permit de le redresser, parce que, mieuxguidée et mieux soutenue, elle put suivre plus facilement la ligne d’axedéterminée par les pointes du tour. Toutefois, cette seconde passe ne futpas jugée suffisante, parce que le trou n’était pas assez lisse, assez cylin-dre; on y passa donc une troisième lame, en forme de demi-ronde éga-lement, mais n’ayant cette forme qu’à l’extrémité, et prolongée par unepartie cylindrique du diamètre exact du trou alésé et fini. A cette dernièrepasse, la mèche n’avait presque pas de matière à enlever, aussi le trouétait parfait dans toute sa longueur.
L’arbre, ainsi préparé, sert de conducteur au porte-lames, que l’on yajuste avec exactitude, et qui doit aléser les trous cylindriques comme desmoyeux de poulies, de roues d’engrenages, etc. ( Yoy. fig. 3 et 6.)
A l’extrémité de cet arbre est monté un plateau circulaire en fonte F,que l’on y retient solidement au moyen de quatre vis taraudées dansl’épaisseur de la large embase forgée avec l’arbre, et contre laquelle s’ap-plique le plateau; souvent môme, lorsque le moyeu de celui-ci le permet,cette embase s’y trouve logée en tout ou en partie ; ce qui permet de rap-procher le plateau le plus près possible de la poupée. La face extérieurede ce plateau est tournée sur l’arbre même, après son ajustement, pourprésenter une surface parfaitement plane contre laquelle on peut appli-quer les pièces à dresser ou à aléser, avec la facilité de les centrer. Quatrelongues mortaises rectangulaires sont pratiquées, à angle droit, dansl’épaisseur du plateau, pour le passage des boulons qui doivent y assujétir