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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
à la construire assez solidement, pour qu’en adaptant un seul bras en bois,elle fût capable de supporter à l’extrémité de celui-ci une charge de20,000. kilog. sans aucune charge qui l’équilibrât du côté opposé, et ce-pendant son propre poids étant bien inférieur ; ce poids n’est pas en effet,comme on le verra plus loin, la moitié de la charge que la machine peuttenir en suspension.
Des grues de ce genre pourraient être appliquées dans bien des localités,sur des ports, près des gares et bassins où l’on est susceptible d’opérerconstamment des chargements et des déchargements : ainsi à Lyon , parexemple, sur tout le parcours des quais de la Saône , depuis la gare deVaize jusqu’à Perrache, où cette rivière se jette dans le Rhône , de tellesmachines seraient d’un service immense. On peut être bien étonné qu’onn’en eût pas encore établi une seule, en 1841, dans une ville aussi commer-çante , tandis qu’on voit effectuer des déchargements de pierres par deshommes qui descendent successivement dans les bateaux, et emportent surleur dos, en courbant la tête, la charge dont ils sont capables, jusqu’aulieu où ils doivent la déposer, pour venir de nouveau, et continuer ainsipendant des journées entières. On doit se faire une idée du nombre debras qu’on est alors obligé d’occuper à ces pénibles travaux, par la foulede marchandises, de matériaux de toute espèce, dont ces quais sonttous les jours encombrés.
Quelques spéculateurs ont cependant pensé à tirer parti de cette manu-tention en cherchant à y appliquer des grues et des chariots ; mais nousn’avons pas appris jusqu’ici qu’ils aient mis leur projet à exécution.
Il est bon de dire qu’à Paris l’on n’est pas resté en arrière pour l’emploides grues ; il en existe plusieurs sur les quais qui bordent la Seine et le longdu canal Saint-Martin ; il est vrai que ces appareils, construits depuis unassez grand nombre d’années, ne sont plus à la hauteur des progrès de lamécanique, à l’exception cependant des grues établies à l’entrepôt desMarais. Celles-ci ont été en grande partie exécutées par M. J.-F. Saulnier,mécanicien très-distingué, dont les travaux en machines à vapeur, presseshydrauliques et monétaires, lui ont acquis une si belle et si honorable répu-tation. On doit à M. Prisse, ingénieur de mérite, et en même temps l’undes directeurs de cet entrepôt, le projet et l’application de ces appareilsqu’il a su heureusement disposer de manière à les rendre commodes etfaciles à manœuvrer.
Il existe aussi au bassin de Saint-Ouen plusieurs grues de constructionanglaise, dont l’une à doubles bras, est remarquable par son élégance et sasolide construction; elle a été décrite, en 1834, dans le Portefeuille duConservatoire, par M. Pouillet.
Nous donnons dans le 4 e volume la description et le dessin d’une grue