PUBLICATION INDUSTRIELLE. 235
des directions parallèles pour éviter les manœuvres si longues et si pé-nibles qu’on ne pouvait faire qu’à force de bras.
Les caisses ont été calculées sur un poids de 1200 kilogr. ; elles devaientavoir 2 mètres de longueur sur 1 mètre de large, et 0 m 65 de hauteur ; onavait exigé d’en placer au moins six les unes sur les autres.
Cette grue fut établie sur quatre larges roues en fonte, portant un pla-teau quarré de deux mètres de côté, et au centre duquel était placée uneforte colonne élevée servant de pivot aux deux bras mobiles, sur la partiesupérieure desquels était disposé un chariot horizontal qui permettait, aprèsavoir élevé la caisse à la hauteur convenable, et l’avoir tournée dans la di-rection parallèle à celle sur laquelle elle devait être placée, de la transpor-ter horizontalement sur celle-ci et l’y laisser retomber lentement pourcoïncider sur toute l’étendue de sa base.
Avant de la recevoir, le négociant qui l’avait commandée, voulut qu’onl’essayât, et, à sa grande satisfaction, il reconnut que, non-seulement elleremplissait les conditions déterminées par le marché, mais qu’elle pouvaitmême supporter des charges plus considérables que celles voulues. Cettemachine, destinée pour un vaste entrepôt de marchandises du Brésil , futlivrée, après essai, en mai 1839.
Ce système de grue mobile ou portative peut être très-avantageuxdans bien des circonstances. Etablie avec des modifications convenables etappropriée à la manutention d’objets très-lourds ou très-embarrassants,on conçoit en effet qu’elle peut être d’un grand service et par suiterendre les manœuvres plus faciles, plus promptes et plus économiques.
La grue que nous représentons dans la pl. 24 n’est pas portative, commecelle que nous venons de mentionner, mais elle n’en est pas moins remar-quable par l’application qui en a été faite. Établie dans les chantiers quidépendent des beaux ateliers du chemin de fer de Paris à Orléans , elle estdestinée à eidever des machines locomotives toutes complètes et à les sup-porter ainsi au-dessus du sol, pour permettre de visiter et de réparer faci-lement les pièces du mécanisme qui se trouvent sous la chaudière, ce qu’iln’est pas commode de faire lorsque la machine repose à terre, parce que,quel que soit le diamètre des roues, elles ne peuvent être suffisammentélevées pour le passage des ouvriers, et pour leur permettre de se placeret de se retourner dans tous les sens. Cette machine a été commandée àM. Gavé par M. Clarke, ingénieur chargé de la direction des travaux deconstruction et de réparation des machines ; elle fut exécutée, d’après lesdessins de cet ingénieur, sur le dernier système usité en Angleterre pourdes applications analogues ; le constructeur y apporta cependant diversesmodifications.
Le point important dans l’établissement d’une telle grue était d’arriver