PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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une fois adoptée, une fois reconnue meilleure, et plus avantageuse quele système de moulure française, elle ne le céda à aucun autre pays dumonde. Lorsque les mécaniciens comprirent que cette fabrication toutenouvelle devait être bien plus profitable pour le commerce, surtout dans lesexploitations importantes, ils cherchèrent à construire des mécanismessemblables à ceux mis en usage en Amérique , et purent bientôt apporterdans l’exécution, comme dans la disposition des machines, des modifica-tions qui ne firent que les améliorer ; aussi les progrès faits depuis lors etsurtout dans ces dernières années, ont été tels que l’on peut dire sanscrainte aujourd’hui que les principaux constructeurs français qui s’en sontoccupés sérieusement ont surpassé en ce genre, non-seulement leursmaîtres en Amérique, mais même les mécaniciens anglais .
En effet, les moulins construits depuis quelques années en France sontd’une construction qui est à la fois solide et élégante, d’une dispositioncommode et économique sous le rapport de la fabrication ; les mouvements,bien combinés, se communiquent du moteur aux appareils avec une régu-larité parfaite. Aussi lorsqu’on entre aujourd’hui dans un moulin de cer-taine importance, bien monté et bien conduit, on est, tout d’abord, surprisde la bonne harmonie qui règne dans toutes les parties, de toutes lesopérations successives et répétées qui se font simultanément, et sans au-cune interruption ; on est surtout agréablement étonné de ne pas entendremarcher, pour ainsi dire, ces gros mouvements, ces grands engrenagesqui doivent faire tourner les meules avec des vitesses considérables ;souvent on n’entend qu’un bruit sourd des pièces de fonte en contact,et les roues d’engrenages se meuvent comme celles d’un mouvementd’horlogerie.
Sans doute, il faut le reconnaître , le mécanisme employé dans le sys-tème de mouture dite économique, ou à la française, est d’une grandesimplicité, et par cela même peu coûteux. Mais outre qu’il avait été jus-qu’ici presque toujours très-mal établi, il exige plus de manutentionque dans le système américain. Dans ce dernier système bien conçu, biendisposé, toutes les opérations, depuis l’arrivée du blé dans le moulin jus-qu’à la sortie des farines, se font successivement et sans discontinuité, sansle secours des hommes, mais par les mouvements mêmes qui y sont plusou moins ingénieusement appliqués.
Ainsi le blé, d’abord versé dans une grande trémie, dont les dimensionssont ordinairement proportionnées à l’importance de l’usine, est amenédirectement par des chaînes sans fin, dites chaînes à godets, ou par desvis d’Archimède , dans divers appareils de nettoyage plus ou moins com-pliqués, mais autant que possible de grande énergie, et combinés d’ailleursde manière à enlever d’abord les pailles et les mottes, puis le blé noir, la