PUBLICATION INDUSTRIELLE. 261
nages d’angle, et le second par des poulies montées horizontalement surdes arbres verticaux.
La transmission de mouvement par courroies n’est pas toujours plussimple ou plus économique que celle par engrenages, lors même que lemoteur serait tout à fait semblable et dans les mêmes circonstances.
Ainsi, que l’on compare, par exemple, un système de dix paires demeules mû par des courroies, chez M. Darblay, à Corbeil , et un mêmesystème mû par des engrenages aux moulins de Saint-Maur , ces deux sys-tèmes ayant chacun pour moteur une turbine hydraulique de M. Fourney-ron, on verra que le mouvement, dans le premier, est plus compliqué,plus coûteux que dans le second. Dans celui-ci le beffroi est circulaire,dans l’autre les meules sont placées sur deux lignes parallèles ; à Saint-Maur une grande roue horizontale dentée, placée sur l’arbre vertical de laturbine, commande directement les pignons montés sur les fers de meules.A Corbeil , aux nouveaux moulins de M. Darblay, la communication dumouvement est d’abord faite par des engrenages d’angle, puis transmiseaux fers de meules par des poulies horizontales.
Il est vrai qu’on a présenté les courroies comme avantageuses, non sousle rapport de l’économie de construction, mais plutôt sous le rapportd’une plus grande douceur dans les mouvements ; on a reconnu, en effet,que par des poulies, embrassées par des courroies, le mouvement desmeules est très-doux, très-régulier, et s’effectue sans aucun bruit; com-paré à des systèmes d’engrenages, qui passaient mal, on a pu le préférerpour ces motifs à ceux-ci ; mais dans l’état actuel de la construction, cesraisons tombent d’elles-mêmes et ne peuvent plus être admises aujour-d’hui ; car des engrenages bien divisés, bien taillés, comme on peut lesfaire maintenant, marchent avec la même régularité, la même douceuret sans plus de bruit que les courroies qui roulent sur des poulies dontles surfaces sont parfaitement tournées ; ces engrenages n’éprouvent aucunesecousse, parce que les dentures sont tellement régulières, tellement pré-cises, qu’on peut les comparer à des roues d’horlogerie ; parce qu’enfinces dentures sont taillées sur des machines, sur des plates-formes qui onten grand la même précision, la même rigueur géométrique que celles desroues de montres ou de pendules (1).
Que l’on compare donc des moulins à courroies, avec des moulins àengrenages bien confectionnés, on ne pourra faire aucune différence dansles mouvements; le bruit, les secousses, ne seront pas plus sensibles dansun système que dans l’autre ; et sous le rapport de la construction, del’entretien, il arrive souvent que le moulin par courroie coûte plus que
(1) Ces machines à tailler sont publiées dans les tomes n et iii de ce Recueil.