262
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
le moulin par engrenages. Toutefois, il faut le dire, les moulins à cour-roie présentent ce grand avantage qu’ils permettent de débrayer ou d’em-brayer à volonté une paire de meules sans arrêter le moteur. (Voyez lesdescriptions du moulin à courroie dans la l re livraison du tome m de cetouvrage, et de celui à colonne dans le v e volume.
La roue hydraulique du moulin de la Réserve ne faisant, comme nousl’avons vu, que trois tours par minute, il était indispensable, pour trans-mettre son mouvement aux meules, et les faire marcher à 120 révolutions,de combiner un triple harnais, sans quoi il eût fallu adopter ou des pignonstrop petits ou des roues trop grandes, ce qui eût été un double inconvé-nient, parce que des pignons trop petits s’usent rapidement et produisentdes pressions latérales considérables sur leurs arbres, et que des rouestrès-grandes deviennent difficiles à construire. En général, pour de fortestransmissions de mouvement, il est essentiel de ne pas dépasser le rapportde 1 à 6 entre le pignon commandé et la roue qui commande, il est préfé-rable même de n’établir que le rapport de 1 à 4, et mieux encore quand ilest possible de 1 à 3. Nous allons voir que dans le moulin qui nous occupe,on s’est sensiblement rapproché de ces rapports.
La roue M' montée à l’extrémité de l’arbre de la roue hydraulique, etqui a été désignée par la lettre Y dans les pl. 1, 2 et 3 de ce volume, com-mande à la fois les deux pignons en fonte M, de l m 26 de diamètre; cespignons étant ajustés libres sur leurs arbres de couche N, ne communi-quent leur mouvement de rotation à chacun des deux systèmes qu’autantque les manchons en fonte m sont embrayés avec eux. Ces manchons sontd’une forte dimension, et il ne serait pas facile de les faire mouvoir parune fourchette, comme cela a lieu pour des manchons d’embrayage ordi-naire ; les constructeurs ont établi une vis de rappel m', que l’on manœuvreà l’aide d’un petit volant à manivelle ; l’écrou de cette vis est incrusté dansune oreille venue de fonte avec le manchon, le mouvement de ce derniers’effectue alors très-lentement, mais du reste ils doivent varier de placetrès-rarement, car on ne les débraye qu’autant que le moteur ne reçoitpas assez de puissance pour faire marcher les deux systèmes à la fois ( cequi n’arrive que pendant quelques parties de l’année), ou parce qu’il estnécessaire de faire quelques réparations indispensables à l’un ou à l’autre.On comprend alors que cette disposition était ici très-convenable, moinscompliquée et plus commode, quoiqu’on soit obligé d’arrêter le moteurpendant un certain temps qui est d’ailleurs très-court.
L’arbre de couche N est fondu creux dans toute sa longueur, il est tournéaux collets par lesquels il est reçu dans les coussinets des paliers m, et auxajustements du manchon et des roues dentées qu’il porte ; son diamètre aumilieu est de 0 m 220, celui des tourillons de O m 160, le diamètre du trou