PUBLICATION INDUSTRIELLE. 309
de 6/100 de millim. par révolution. Le trou était exactement cylindrique etd’une surface parfaitement unie.
Pour peu que l’on examine ces résultats, on peut remarquer que la vi-tesse à la circonférence d’une lame qui alèse en travaillant des deux boutsest de 5 à 6 centimètres par seconde. Cette vitesse, comparée à celle desalésoirs propres à l’alésage des cylindres de machines à vapeur, est réelle-ment trop considérable, car on estime alors que la vitesse des lames n’estpas de plus de 30 à 35 millim. par seconde. Mais il faut dire que dans cesalésoirs les outils travaillent avec une pression de 1/ï à 1/3 de millim. etquelquefois plus, tandis que dans la machine actuelle, la pression a tou-jours été au-dessous de 1/10 de millimètre.
Nous devons observer aussi qu’en général un alésage est d’autant plusparfait, que la pression de l’outil est moindre, ce qui se conçoit tout natu-rellement ; or chez M. Cartier, qui tenait toujours à obtenir des pièces alé-sées avec la plus grande précision, parce qu’il sait que plus une pièce estbien cylindrique, mieux elle porte sur l’arbre qui doit la recevoir, on pré-férait passer un peu plus de temps à l’alésage, et donner moins de pressionaux lames. Disons encore que l’on ne fait presque toujours qu’une seulepasse pour ouvrir une pièce au diamètre convenable, et que pour en obtenirune surface aussi unie, aussi lisse, et surtout aussi parfaitement cylindrique,il faut faire faire moins de travail à l’outil. Quand la pression est de 1/3 à1/2 millim., il est rare qu’il ne faille pas faire une seconde passe.
Pour percer des pièces sur cette machine, il est prudent de donner auforet une vitesse proportionnellement plus faible que celle que l’on peutse permettre dans l’alésage, malgré la faible pression, parce qu’il s’échauf-ferait trop rapidement. Ainsi, pour forer un premier trou de 30 millim. dediamètre, on ne faisait faire à la mèche, sur la machine deM. Cartier, que25 révolutions par minute, et elle descendait avec une pression de 9/100 demillim. par chaque révolution.
Pour forer des trous de 25 millim. de diamètre et au-dessous, il est pré-férable d’employer de simples machines à percer à mouvement continu,mais beaucoup plus légères. On conçoit aisément que dans la machineactuelle le poids seul de l’arbre deviendrait trop considérable, et ne per-mettrait pas de se servir de petits forets sans risquer de les rompre, etd’ailleurs le mouvement de rotation ne pourrait pas être assez rapide, et lapression ne pourrait pas être assez faible. Il ne faudrait pas non plus aléserdes ouvertures au-dessus de 0 m 22 de diamètre, parce que les lames trem-bleraient, brouteraient pendant l’opération, et les surfaces ne seraient pasbien alésées.