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Tome premier.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

On a vu en effet que, dans la turbine Fourneyron, lorsqu’il y a peud’eau, ou lorsque les besoins de l’usine n’exigent que peu de force, lavanne ne doit être levée que d’une faible quantité ; il résulte alors que lesaubes élant beaucoup plus hautes que l’ouverture de la vanne, l’eau, eny arrivant, trouve un espace libre vers le sommet de ces aubes, et s’y pré-cipite avec beaucoup moins de profit pour l’impulsion de la roue ; de là lanécessité de diminuer la hauteur des aubes ; mais il y a une limite dans lahauteur de ce vide qui ne peut être dépassée sans une perte sensible dansl’effet utile de l’eau employée ; cette limite étant fixée par une premièrecloison, il s’est encore trouvé, dans bien des turbines, un espace tropgrand dans lequel il a fallu poser une seconde et peut-être même une troi-sième cloison, ce qui a ajouté des frais à la construction de ces roues,sans remédier suffisamment à l’inconvénient ; il en est encore résulté unedisposition plus grande à l’obstruction des aubes par des corps étrangers,parce que l’espace nécessaire à la sortie de l’eau s’est trouvé sensible-ment rétréci.

On a pu voir, par ce qui précède, que, dans le système de M. Gentil-homme , cet ingénieur ne donne de l’eau, dans toute la circonférence de laroue, que dans les turbines de grande dimension , c’est-à-dire d’un mètre,ou environ, de diamètre intérieur ; l’une des plaques horizontales C' G 2(fig. 3 et 4) porte alors deux vannes verticales et cylindriques qui décou-vrent chacune un sixième de la surface des orifices. Dans les roues pluspetites il ne donne de l’eau que dans les 2/3 de la circonférence, et mêmequelquefois dans la moitié seulement. Par ce moyen, il n’est jamais né-cessaire de faire la turbine à plusieurs étages. Il en est de même par ladisposition adoptée dans le système de MM. Gallon et Fontaine; ce der-nier, constructeur de moulins, a établi, depuis peu d’années, un grandnombre de turbines dont plusieurs paraissent avoir donné des résultatssatisfaisants ; l’une des dernières surtout, montée chez M. Candelot, prèsde Châlons-sur-Marne , et expérimentée par M. Talfe, a présenté un effetutile tellement beau, que bien des personnes ont refusé d’y croire.M. Fontaine vient d’apporter à ces roues une amélioration importante;c’est de disposer leur pivot entièrement en dehors de l’eau.

M. Cadiat, ingénieur très-distingué, s’est aussi occupé des turbines hy-drauliques; en 1839, il en avait établi une de la force de quatre à cinqchevaux, qu’il a expérimentée, et qui lui a donné de bons résultats. Depuiscette époque, il en a construit sur de grandes dimensions, dont une n’apas moins de 50 chevaux de puissance (1). Cette turbine, pour laquelle unbrevet d’invention de 15 ans lui fut délivré le 5 septembre 1839, est sensi-

(1) Voir aussi la description et le dessin de cette turbine dans la 9 e livraison du tomen.