PUBLICATION INDUSTRIELLE. 445
mense quantité de pots que nécessite l’usage des procédés actuels, et quiencombrent trop souvent les ateliers de filature.
Ce sont ces inconvénients du tortillonnage et du passage dans des potsque MM. Villeminot et Bureau ont cherché à faire disparaître en appliquantle procédé suivant, pour lequel ils ont pris un brevet d’invention qui estaujourd'hui dans le domaine public.
A un instant quelconque de la préparation, ces constructeurs ont pro-posé de faire passer les rubans dans une machine accessoire qui les metde suite en cannettes; ces cannettes ne se trouvent pas dans les mêmesconditions que celles en usage par les bobinoirs proprement dits, puisque,le numéro se trouvant plus fort, il en faut moins mettre derrière la machinesuivante pour l’alimenter suffisamment, elles peuvent avoir alors desdimensions beaucoup plus fortes, et contenir depuis 500 grammes jusqu’à5 kilogrammes de laine. C’est une réunion ordinaire à laquelle les auteursont adapté les mouvements nécessaires pour mettre la laine en cannettes.
Le dessin qui accompagne leur brevet expiré indique deux fils formésséparément et se réunissant à la sortie du frottoir. Cette disposition a pourbut de mieux opérer le frottage de la laine, qui se fait ainsi sur chaque filisolé.
Si on ne juge pas nécessaire de frotter les fils séparément, on peut n’enformer qu’un seul, comme dans les bobinoirs ordinaires; alors on suppri-merait le rouleau réunisseur et on espacerait davantage les peignes et lescylindres, ou, si l’on veut faire un plus grand nombre de fils séparément,on peut le faire et les réunir également, sous un rouleau d’appel commun,après le frottoir.
La machine pouvant s’appliquer à un moment quelconque de la prépa-ration, les bobines peuvent être, à volonté, formées dès le premier pas-sage, et la laine soumise à ce bruissage dans cet état. Pour arriver à ce but,les cannettes sont faites en métal ou en bois percé de trous sur les esquiveset sur l’âme, pour que la vapeur puisse pénétrer par tous les points. Enappliquant dans l’âme de la cannette un axe pesant, on obtient une can-nette sur laquelle la laine se trouve suffisamment tendue pour remplacercomplètement le tortillonnage.
Ce procédé peut également remplacer, au besoin, tous les passages quiprécèdent les bobinoirs, ce qui supprimerait complètement l’usage despots.