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publication industrielle.
Aux États-Unis , où l’activité industrielle et commerciale est si surprenante, lenombre des patentes demandées s’est élevé, en 18S5, à A,400 ; mais celui des patentesaccordées est à peine supérieur à 2,000, car, quoique cette nation se croie la pluslibre du monde, sa loi sur les brevets d’invention n’est pas, selon nous, la pluslibérale.
En Autriche , pays qui comprend, comme on le sait, la Hongrie , la Lombardie , etune foule de principautés (soit une population de 36,000,000 âmes), on compte, en4 856, au plus 626 demandes de brevet.
La Belgique , comparativement à son petit nombre d’habitants, doit être évidem-ment placée à un rang plus élevé, car elle a délivré jusqu’à près de 2,000 privilègesen 4 856 (4).
La Prusse, qui passe pour un pays très-avancé, grâce un peu à tout ce qu’ellepeut recueillir, sans peine et sans frais, des autres contrées, n’a délivré en 4 856 que82 privilèges. Il est vrai que l’on a formé dans cet État plus de 800 demandes ; mais,avec le principe ou plutôt le prétexte que les inventions ou les améliorations que l’ony apporte ne sont pas nouvelles, ou ne présentent pas d’intérêt, c’est à peine si l’onaccorde un brevet sur 4 0 demandes.
La Sardaigne , qui ne délivrait, en moyenne, que(26 brevets par année, en a dé-livré plus dé 500 depuis sa nouvelle loi, soit près de 220 en 4 856.
En Russie , où l’industrie va commencer, nous le croyons, à se développer rapi-dement, on n’avait pas formé 25 demandes de brevet dans tout le cours de l’année4856.
Nous avons pu constater aussi, et nous le disons avec quelque orgueil, qu’un grandnombre de nos usines ne sont pas seulement les plus avancées sous le rapport desprocédés, des moyens de fabrication, mais encore peuvent rivaliser, pour la bonneexécution, comme pour la qualité et la quantité des produits, avec les premièresusines du continent. Nous citerons des établissements, par exemple, où l’on faitplus, mieux et avec plus d’économie qu’en Angleterre, pays le plus favorisé par lesmatières premières, ainsi que par ses grands capitaux et par ses nombreuses voiesde communication. Nous ajouterons que, si parfois des personnes comme nous enavons rencontré dans notre dernier voyage, ont annoncé que nous sommes infé-rieurs à nos voisins, qu’on ne yoit pas chez nous de fabriques aussi importantesqu’ailleurs, c’est que ces personnes, curieuses d’aller au loin, n’ont pas visité cequi est à leur porte. Combien de voyageurs, parmi lesquels des savants, desingénieurs, des hommes connus, sont aller voir des usines anglaises ou allemandes,et ne connaissent seulement pas celles que nous avons au Creuzot, à Rive-de-Gier ,à Oullins , à Rouen , au Hâvre, à Marseille , à Fourchambault, à Lille , à Mulhouse , àGuebwiller et même à Paris , comme dans une foule d’autres localités de la France !
(!) C’est en Belgique que la loi sur les brevets est la plus favorable aux inventeurs, puisqu’ellen’exige que 10 francs de taxe pour la première année. Aux États-Unis , en Espagne , en lîussie,et dans la plupart des États d'Allemagne , il faut payer la taxe intégralement eu formant lademande, et, comme dans plusieurs d’entre eux cette taxe est très-élevée, peu d’inventeursfrançais se décident à s’y faire privilégier.