NOTICES INDUSTRIELLES
PEIGNAGE DES MATIÈRES FILAMENTEUSES
Le comité des arts mécaniques de la Société d’encouragement, dans saséance générale du 6 juin 1857, vient de décerner un prix de 12,000 fr.,fondé par M. le marquis d’Argeuteuil, en faveur de l’auteur de la décou-verte la plus importante pour l’industrie nationale.
Ce prix a été accordé à la peigneuse de Josué Heiimann, dont nousavons donné la description sommaire dans le t er volume de notre journalle Génie industriel.
M. Alcan, dans son rapport, pour prouver que ce n’est qu’après un exa-men approfondi que le choix du conseil s’est fixé sur cette invention, entredans des considérations très-étendues qui, suivant nous, doivent intéres-ser tous les industriels qui s’occupent du traitement des matières textiles;c’est pourquoi nous extrayons de ce rapport la partie descriptive sui-vante :
Les substances textiles se présentent avec des caractères variés et dans diversétats.
Tantôt ce sont des organes définis, indivisibles , formant un duvet épais composéde fibrilles éminemment flexibles comme celui du cotonnier. Tantôt ce sont des fibreslongues, peu élastiques, divisibles à l’infini, comme la filasse du chanvre, du lin, etc.Dans les matières animales, les unes ont les brins rugueux , vrillés, de longueursvariables et tellement tassés et adhérents, qu’ils présentent une résistance considé-rable à la pénétrabilité; les laines, en générai, sont dans ce cas. La bourre de soieet les duvets animaux possèdent, au contraire, une propriété de glissement très-remarquable.
Quelle que soit, d’’ailleurs, la nature de la substance, elle se compose d’unemasse de fibres noueuses d’inégales longueurs, se croisant dans toutes les direc-tions. Trier ces filaments , les redresser, les épurer, en enlever les nœuds et boutonsapparents ou microscopiques, réunir parallèlement entre eux ceux d'égale longueurenfin les diviser et les affiner lorsque la matière le comporte, telle est la tâcheréservée au peignage.
Le travail à la main est resté en possession exclusive de cette opération délicatejusque vers 1830. Ce n’est qu’à partir de cette époque que des applications sérieusesde peignage automatique ont eu lieu. Près de vingt années s’écoulèrent en essaisplus ou moins heureux dont les résultats ne purent rivaliser avec ceux obtenus àla main.
Les auteurs des nombreux systèmes de peigneuses produits depuis un demi-sièclen’ont eu en vue que l’imitation du travail à la main, et la création de machines